L’Ukraine a retiré sa demande portant sur les hélicoptères d’attaque Eurocopter Tiger que l’armée australienne met progressivement à la retraite. L’ambassadeur d’Ukraine en Australie, Vasyl Myroshnychenko, a confirmé cette décision, rapportée par le site Defense Express le 29 septembre, puis détaillée le lendemain par Militarnyi, qui citait également le diplomate.
Kiev avait pourtant déposé sa demande dès 2024, dans la continuité d’une tentative antérieure d’obtenir les MRH-90 Taipan, eux aussi retirés du service par Canberra. Les discussions sur un éventuel transfert se sont poursuivies, l’Australie évaluant cette option pendant qu’elle arrêtait l’avenir de sa propre flotte. La demande a finalement été abandonnée début 2026.
Avustralya Ordusu, yeni AH-64E Apache Taarruz Helikopteri kabiliyetine geçiş sürecinde önemli bir dönüm noktası teşkil edecek şekilde, Darwin'deki Tiger Silahlı Keşif Helikopteri (ARH Tiger) uçuş operasyonlarını kısa süre içinde sonlandıracak.
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— kaan_fox3✈️ 🇹🇷 (@kaan_fox3) September 24, 2026
Le coût et la logistique en cause
L’évaluation ukrainienne a porté sur plusieurs points précis : le coût par heure de vol du Tiger, la disponibilité des pièces détachées, l’état technique des appareils et la configuration d’équipement à laquelle l’Ukraine pouvait prétendre. Même si l’Australie se disait prête à céder les hélicoptères au titre de l’aide militaire, Kiev aurait dû bâtir de toutes pièces l’infrastructure nécessaire à leur exploitation : former pilotes et équipages au sol, sécuriser l’approvisionnement en pièces et maintenir les appareils en état de combat.
Un autre obstacle a pesé dans la balance. Certains équipements d’origine américaine installés sur les Tiger australiens relèvent de la réglementation ITAR (International Traffic in Arms Regulations), ce qui aurait imposé une approbation préalable de Washington pour tout transfert vers l’Ukraine. Retirer ces composants aurait pu réduire les capacités de combat des hélicoptères.
La flotte australienne, forte de 22 appareils ARH, une version de reconnaissance armée dérivée du Tiger HAP français, a connu des soucis récurrents de disponibilité tout au long de son service. Un audit de l’Australian National Audit Office datant de 2016 relevait qu’en moyenne quelques hélicoptères sur 16 en service étaient opérationnels à un instant donné, loin de l’objectif fixé à 12.
Le coût horaire atteignait alors environ 22 500 dollars, contre une cible de 14 800 dollars. Pour 2024-2025, le ministère australien de la Défense signalait encore des pièces prélevées sur des appareils déjà retirés pour maintenir d’autres Tiger en vol.
Une flotte vieillissante remplacée par l’Apache
L’armée australienne a mis fin aux opérations de vol de ses Tiger à Darwin le 23 septembre 2026, après plus de vingt ans de service entamé en 2004. L’appareil, équipé d’un canon de 30 mm, de roquettes de 70 mm et de missiles antichars Hellfire II, cumulait des fonctions de surveillance, de reconnaissance et de guerre électronique, mais son parcours opérationnel est resté marqué par des problèmes de chaîne d’approvisionnement.
Son remplacement par le Boeing AH-64E Apache Guardian a été formalisé en janvier 2021. L’Australie en a commandé 29 exemplaires et réceptionné les deux premiers en octobre 2025.
Privée de cette option, l’Ukraine se tourne vers d’autres pistes pour moderniser son aviation de l’armée, vieillissante et largement héritée de l’ère soviétique. En juillet 2026, le général de brigade Pavlo Bardakov, commandant de l’Army Aviation, a désigné l’UH-60 Black Hawk américain comme remplaçant privilégié, en avançant son équilibre entre capacité opérationnelle et coût d’exploitation.




