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Un phénomène océanique jamais vu depuis les années 50 annonce en silence un hiver 2026-2027 exceptionnel pour la France

30,06 °C jamais vus dans le Pacifique : l’OMM évoque un « super El Niño » historique. Sécheresses, pluies diluviennes, et pour Noël en France… douceur ou coup de froid surprise ? Réponse début décembre.

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Un phénomène océanique jamais vu depuis les années 50 annonce en silence un hiver 2026-2027 exceptionnel pour la France
Un phénomène océanique jamais vu depuis les années 50 annonce en silence un hiver 2026-2027 exceptionnel pour la France © journaldeleconomie.fr

Le 6 octobre 2026, les capteurs installés dans le Pacifique équatorial ont enregistré une température de surface de 30,06 °C, un niveau jamais observé dans cette zone. Il s’agit de la région Niño 3.4, qualifiée par les climatologues de thermostat du climat planétaire : c’est là que naît le phénomène El Niño.

Ce relevé fait basculer l’épisode El Niño 2026-2027 dans la catégorie des événements très forts, voire des super El Niño. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il pourrait s’agir de l’un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950.

Une intensité inédite depuis au moins 1950

Les chiffres illustrent l’accélération du phénomène. L’anomalie de température dans la zone Niño 3.4 est passée de +1,6 °C en juin 2026 à +2,5 °C en août 2026. Les climatologues parlent d’épisode très fort au-delà de +2 °C.

Le pic est attendu autour de +3,7 °C en décembre 2026, loin devant le précédent record enregistré lors de l’épisode de 2015-2016. Les dernières prévisions évoquent même une fourchette comprise entre +3,5 °C et +5 °C. Les 13 centres climatologiques consultés par l’OMM convergent vers cette anomalie moyenne, un niveau jamais observé.

La NOAA, via son Climate Prediction Center, évalue à 83 % la probabilité qu’un épisode historique se produise entre octobre et décembre 2026. Elle juge par ailleurs que les chances restent élevées pour un épisode qui dépasserait la force des précédents El Niño observés depuis 1950.

Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, a déclaré sur franceinfo que la probabilité que l’épisode persiste jusqu’en février 2027 était proche de 100 %, ce qui pourrait en faire l’un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950.

La chaleur emmagasinée par l’océan, pas une chaleur nouvelle

El Niño n’apporte pas de chaleur supplémentaire à la planète. Il libère une chaleur déjà stockée sous la surface de l’océan, ce qui explique pourquoi un épisode de forte intensité coïncide souvent avec l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, comme en 2024.

« L’océan où il puise cette chaleur est le plus chaud que nous ayons jamais observé. Il y a tout simplement davantage de chaleur prête à être libérée », a expliqué Celeste Saulo, toujours sur franceinfo.

Sécheresses et pluies diluviennes sur plusieurs continents

L’hiver 2026-2027 devrait afficher des températures globales largement supérieures à la moyenne, avec des contrastes marqués entre sécheresses et pluies diluviennes selon les zones. Les signaux sont déjà visibles :

  1. déficit de pluies en Indonésie,
  2. sécheresse en Amérique centrale où les champs s’assèchent et le bétail décline,
  3. mousson perturbée en Inde,
  4. et une vulnérabilité plus marquée face aux pluies diluviennes dans le sud de l’Amérique du Sud.

Les agences de l’ONU demandent aux gouvernements d’utiliser les projections de l’OMM pour renforcer les systèmes d’alerte, adapter la gestion de l’eau et protéger les agriculteurs et les populations les plus exposées.

Un Noël plus probablement pluvieux que neigeux en France

En Europe de l’Ouest, l’influence d’El Niño reste indirecte, selon les climatologues. Les statistiques plaident plutôt pour un hiver doux, humide et venteux en France que pour un épisode polaire généralisé.

Selon Météo-France, le trimestre octobre-novembre-décembre 2026 a davantage de chances d’être plus chaud et plus humide que la normale sur une grande partie de l’Hexagone, une configuration qui correspond souvent à un régime océanique : flux d’ouest, perturbations atlantiques, douceur relative. D’autres centres météo vont dans le même sens, avec des anomalies positives d’un à deux degrés attendues en décembre.

Trois éléments pèsent encore sur la suite :

  1. l’oscillation nord-atlantique,
  2. le courant-jet
  3. et le vortex polaire.

Si ce dernier se fragilise, des descentes d’air froid pourraient tout de même atteindre la France. Pour la période du 24 au 31 décembre, trois scénarios restent crédibles : une douceur pluvieuse, un coup de froid bref avec risque de neige en plaine, ou un blocage plus durable, jugé moins probable.

Le météorologue Dominik Jung, dont les propos sont rapportés par le site TaMétéo, se montre prudent : « Il ne serait pas raisonnable d’annoncer dès maintenant de la neige en plaine en France pour les fêtes de Noël ». Il rappelle toutefois que « chaque El Niño est différent » et que « lorsqu’il atteint une telle intensité, il peut complètement rebattre les cartes en Europe ».

Selon lui, les premiers signaux pour Noël commenceront à être perceptibles début décembre 2026 ; pour une prévision fiable au pied du sapin, il faudra attendre les derniers jours avant le 24 décembre.

Un Noël vraiment blanc en plaine, avec une couche de neige au sol, ne survient en moyenne que tous les 8 à 10 ans en France. Le dernier remonte à 2010.

Plus de 25 000 décès liés à la chaleur en Europe

Ce super El Niño survient alors que le réchauffement d’origine humaine continue de peser sur la santé publique. Selon le climatologue James Edward Hansen, cité par Futura-Sciences, les canicules ont provoquéplus de 25 000 décès supplémentaires en Europe durant l’été 2026, un chiffre en augmentation continue. Un usage plus large de la climatisation pourrait réduire cette mortalité à l’avenir.

Les zones les plus touchées par les fortes chaleurs se situent en Asie du Sud, dans les pays du Golfe et en Afrique, notamment en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, au Myanmar et au Niger. Ces régions cumulent une population nombreuse, des taux de pauvreté élevés et un accès limité à la climatisation.

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