Pourquoi votre plaque d’immatriculation est-elle en vente sur le darknet ?

Le 24 octobre 2026, le cybercriminel ChimeraZ a mis en vente 905 097 enregistrements associant plaques d’immatriculation françaises, noms et adresses personnelles.

Publié le
Lecture : 2 min
Un Geant Du Commerce Frappe Par Un Piratage Vos Donnees En Danger
Pourquoi votre plaque d’immatriculation est-elle en vente sur le darknet ? © journaldeleconomie.fr

Sur le darknet, votre identité a un prix. Le 24 octobre 2026, le cybercriminel ChimeraZ a mis en vente une base de 905 097 enregistrements associant plaques d’immatriculation françaises, noms et adresses. Une transaction comme une autre dans l’économie souterraine des données volées. Révélée par FrenchBreaches, cette fuite expose 847 064 plaques distinctes et pourrait concerner des centaines de milliers d’automobilistes. Comment en est-on arrivé là ?

Le marché noir des données : comment ça fonctionne

Les forums clandestins du darknet fonctionnent comme des marketplaces classiques. Vendeurs, acheteurs, évaluations, garanties. La différence ? Le produit vendu, ce sont des identités. ChimeraZ, acteur déjà connu pour avoir piraté la Fédération française de tir, des armureries et les adhérents du Parti communiste français, propose désormais un fichier de 175 Mo au format JSONL contenant noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone et emails. Le tout associé à des plaques d’immatriculation.

Pourquoi les plaques d’immatriculation ont de la valeur pour les criminels

Une plaque seule n’a aucune valeur. Visible sur la voie publique, elle ne constitue pas une donnée sensible. Mais associée à une identité complète et une adresse, elle devient un vecteur d’escroqueries redoutablement efficaces. Les arnaqueurs peuvent envoyer de fausses amendes personnalisées, usurper l’identité d’un automobiliste pour des fraudes à l’assurance, ou cibler des victimes pour du démarchage commercial agressif. La base contient 506 003 adresses email distinctes et 474 906 numéros de téléphone, selon l’analyse de 01net.

La fuite de 905 097 enregistrements

Les enregistrements datent de 2017 à 2026. Neuf années de collecte suggèrent une exposition prolongée ou une compilation de sources multiples. Aucune donnée bancaire, mot de passe ou numéro de sécurité sociale n’apparaît dans les extraits examinés par FrenchBreaches. Mais l’association plaque-identité-adresse suffit amplement pour alimenter l’industrie de la fraude.

ChimeraZ annonce détenir une seconde base contenant environ 2 millions de plaques d’immatriculation supplémentaires. Si cette revendication s’avère exacte, près de 3 millions d’automobilistes français pourraient voir leurs données circuler sur le darknet. Un volume qui transformerait une fuite locale en crise nationale de cybersécurité. Le marché noir des données automobiles révèle une économie parallèle florissante, alimentée par des failles persistantes dans l’écosystème numérique français.

Qui achète ces données et pourquoi ?

Les acheteurs potentiels forment un écosystème varié. Arnaqueurs spécialisés dans les fausses amendes, démarcheurs commerciaux sans scrupules, usurpateurs d’identité, fraudeurs à l’assurance. Chacun trouve dans ces fichiers une matière première exploitable. L’association plaque-identité permet de créer des scénarios crédibles, personnalisés, difficiles à détecter pour les victimes.

L’arnaque aux fausses amendes devient redoutablement efficace avec ces données. Un email ou SMS mentionnant votre vraie plaque, votre nom, votre adresse, paraît authentique. Les fraudeurs à l’assurance peuvent usurper l’identité d’un automobiliste pour déclarer de faux sinistres. Les démarcheurs commerciaux ciblent précisément les propriétaires de véhicules pour vendre services d’entretien, assurances ou accessoires.

Sur le darknet, une identité complète se négocie entre quelques centimes et plusieurs euros selon sa fraîcheur et sa complétude. Une base de 905 000 enregistrements représente un capital significatif pour les cybercriminels. Les données automobiles, moins courantes que les identifiants bancaires, trouvent un marché de niche auprès d’acteurs spécialisés.

Laisser un commentaire

Share to...