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La génération Z face au monde du travail





Le 20 Juin 2024, par Aurélien Delacroix

Le travail reste une valeur essentielle pour la génération Z, pourtant, l'attachement à l'entreprise semble s'effriter. C'est ce que révèle une étude Ipsos réalisée en collaboration avec l'école d'ingénieurs Cesi. L'enquête, menée auprès de jeunes de 18 à 28 ans et de dirigeants d'entreprise, met en lumière une incompréhension notable entre les deux groupes.


Un fossé entre générations

Selon Brice Teinturier, directeur général d'Ipsos, il existe « une forme de désarroi des dirigeants ». En effet, 86 % des chefs d'entreprise estiment que la génération Z est vraiment différente de la précédente, les « Y », et sept dirigeants sur dix avouent avoir du mal à saisir les aspirations professionnelles de ces jeunes.

Les dirigeants reconnaissent aux « digital natives » une maîtrise supérieure des outils numériques et de l'IA. Toutefois, ils pointent également plusieurs aspects négatifs : 57 % jugent que ces jeunes sont moins investis, 53 % les trouvent moins respectueux de la hiérarchie, et 72 % considèrent qu'ils sont moins fidèles à l'entreprise.

Ces constats sont corroborés par la génération Z elle-même. L'attachement à l'entreprise est effectivement en déclin. Si le travail reste une condition essentielle d'épanouissement pour les jeunes, et que 85 % estiment que réussir leur vie professionnelle est primordial, ils ne se contentent pas de n'importe quelles conditions. L'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle arrive en tête des critères pour accepter ou conserver un emploi, suivi par l'ambiance de travail, l'intérêt du poste, la localisation et la rémunération. Seuls six jeunes sur dix sont prêts à conserver un travail stable sans épanouissement.

L'entreprise face aux exigences de la génération Z

Le marché du travail actuel semble jouer en faveur des jeunes, leur offrant des opportunités de mobilité professionnelle. Près de huit jeunes sur dix estiment qu'il est indispensable de changer d'entreprise pour obtenir un meilleur salaire ou un poste intéressant. Brice Teinturier ajoute que les jeunes ont le sentiment qu'ils peuvent retrouver un travail rapidement avec une meilleure rémunération en changeant d'employeur.

Malgré cette tendance, la génération Z privilégie toujours le dialogue avant la démission, mais ce dialogue doit porter ses fruits rapidement, sous peine de voir les jeunes collaborateurs partir pour la concurrence.

L'enquête révèle aussi que les dirigeants sont méfiants vis-à-vis des jeunes de 18 à 28 ans, ce qui ne favorise pas une intégration harmonieuse. 70 % des chefs d'entreprise interrogés n'arrivent pas à identifier les aspirations de ces jeunes et 32 % craignent même que leur arrivée dans le monde du travail ne dégrade l'organisation de l'entreprise. Les difficultés de recrutement restent élevées, 58 % des patrons ayant du mal à proposer des salaires suffisamment attractifs.

Pourtant, les jeunes se disent attachés au monde de l'entreprise : 84 % déclarent avoir le goût du travail et 85 % font de la réussite professionnelle un objectif essentiel. Ils cherchent également des entreprises dont les valeurs sont en adéquation avec les leurs, notamment en matière d'écologie. Néanmoins, plus d'un jeune sur deux estime que les entreprises ne donnent pas envie de les rejoindre, ce qui souligne le défi pour les organisations de répondre à leurs attentes.




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