Adieu la carte de crédit pour les courses : voici pourquoi vos achats au supermarché vous coûtent 20 % de plus sans que vous le sachiez

Une simple carte bancaire suffirait à vous faire dépenser plus sans même vous en rendre compte. Une étude sur 11 000 personnes révèle pourquoi le liquide protège mieux votre portefeuille.

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Adieu la carte de crédit pour les courses : voici pourquoi vos achats au supermarché vous coûtent 20 % de plus sans que vous le sachiez
Adieu la carte de crédit pour les courses : voici pourquoi vos achats au supermarché vous coûtent 20 % de plus sans que vous le sachiez © journaldeleconomie.fr

Payer par carte plutôt qu’en espèces conduit les consommateurs à dépenser davantage. C’est la conclusion d’une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Journal of Retailing, menée par des chercheurs australiens. Le travail a passé au crible 71 études réalisées dans 17 pays, portant sur 11 000 participants au total.

Les auteurs baptisent ce phénomène le cashless effect : les paiements dématérialisés entraînent systématiquement des dépenses plus élevées que les transactions en liquide. Un effet qu’ils qualifient eux-mêmes de faible, mais significatif.

L’explication tient à la facilité du geste. Richard Whittle, économiste à la Salford Business School, cité par L’Internaute, note que « la facilité de paiement par carte peut amener les consommateurs à dépenser sans réfléchir et acheter des choses dont ils n’ont pas vraiment besoin ».

Stuart Mills, maître de conférences en économie à l’université de Leeds, avance une autre lecture : selon lui, l’argent liquide donne un retour immédiat et visible sur ce que l’on dépense. Ce moment, décrit comme douloureux, retiendrait certains clients de passer à l’achat, ce que les chercheurs présentent comme un point de friction utile.

Cette hypothèse trouve un appui du côté des neurosciences. Une étude publiée en 2011 dans le Journal of Consumer Research montre que manipuler des billets active des zones cérébrales liées à l’inconfort psychologique et à l’aversion aux pertes. Une activation qui offrirait, selon Manoj Thomas, professeur de marketing à l’université Cornell et auteur de l’étude, une opportunité salvatrice de se demander si la dépense est vraiment nécessaire.

« Payer en cash ancre le coût des choses dans notre esprit. C’est le meilleur outil pour maîtriser son budget », résume-t-il.

Sortir sa carte de fidélité en même temps ajoute un mouchard

Le paiement par carte bancaire s’accompagne souvent d’un autre geste automatique : la sortie de la carte de fidélité, qui permet aux enseignes de repérer les produits préférés du client pour lui adresser ensuite de la publicité ciblée.

Au-delà du réflexe sans contact, un autre risque guette ceux qui utilisent leur carte de crédit pour régler leurs courses : l’endettement progressif. Conçue à l’origine pour financer des achats exceptionnels, la carte de crédit s’est peu à peu invitée dans les dépenses du quotidien.

Quand le solde n’est pas remboursé immédiatement, des intérêts s’appliquent, et les dettes s’accumulent pendant que l’utilisateur garde l’impression d’avoir une marge financière plus large qu’en réalité. Un piège d’autant plus sensible que les revenus du foyer sont déjà limités.

Les experts avancent plusieurs pistes concrètes :

  1. Établir une liste précise avant d’entrer dans le magasin, pour éviter les achats impulsifs.
  2. Privilégier les espèces afin de mieux visualiser ses dépenses.
  3. Faire régulièrement le point sur son budget pour repérer les postes à réduire.
  4. Réserver la carte de crédit aux achats réellement exceptionnels, comme un meuble ou un appareil électroménager.

Des tests informels vont dans le même sens : sortir une pièce ou un billet de 5 euros suffirait à mieux résister aux tentations sur une journée, et un budget de courses fixé à l’avance a plus de chances d’être tenu en payant en liquide qu’en carte. Les auteurs de la méta-analyse australienne disent espérer que leurs résultats circulent au-delà du cercle universitaire, jusqu’aux consommateurs, aux professionnels et aux décideurs politiques.

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