L’Aide médicale d’État (AME) est au cœur d’importantes discussions politiques en France. Cet instrument de politique de santé, destiné aux étrangers en situation irrégulière et aux personnes aux faibles revenus, fait l’objet de réformes et de débats sur son reste à charge. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé des mesures dans une interview publiée dans la presse régionale et quotidienne comme BFMTV, marquant une étape dans le remaniement de cette aide controversée.
L’AME, un dispositif qui divise
L’AME vise à garantir l’accès aux soins pour les immigrés sans-papiers, en leur proposant un « panier de soins » (soins de base). Sébastien Lecornu la juge « absolument indispensable d’un point de vue sanitaire » et s’oppose fermement aux demandes du Rassemblement National (RN) et d’autres partis de droite et d’extrême droite qui veulent réduire, voire supprimer, l’AME. Tandis que ces partis mettent en doute l’utilité de l’aide et réclament sa suppression, le gouvernement tient à la réformer plutôt qu’à l’abandonner.
Pour moderniser et mieux contrôler le dispositif, le Premier ministre a pris des mesures concrètes. Le dimanche suivant le samedi 7 février, deux décrets seront publiés au Journal officiel. Le premier décret vise à renforcer la lutte contre la fraude dans les demandes d’AME, avec des économies attendues de 180 millions d’euros. Le second décret porte sur la modernisation des systèmes informatiques de l’État, en améliorant l’accès pour tous les fonctionnaires qui travaillent sur ces dossiers, y compris ceux des consulats.
Réformer et moderniser : pourquoi
Le plan de réformes prévoit aussi le développement d’une application d’intelligence artificielle, à la demande de Sébastien Lecornu, pour accélérer le traitement des visas et alléger la charge administrative des agents. Sous la direction des ministres Laurent Nuñez pour l’Intérieur et David Amiel pour la Fonction publique, cette initiative sera testée dans cinq préfectures pilotes en 2026, notamment en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, avant une généralisation prévue pour 2027.
Peu après son arrivée à Matignon en septembre, le Premier ministre a aussi rencontré Claude Évin et Patrick Stefanini, auteurs d’un rapport de 2023 sur l’AME. Ce rapport, tout en soutenant globalement le dispositif, propose des adaptations ciblées : prise en compte des ressources des demandeurs et réforme des remboursements. Ces recommandations plaident pour une réforme plutôt que pour une suppression, comme le rappelle Sébastien Lecornu : « Il faudra sans doute réformer le ‘panier de soins’, mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes ».





