L’Allemagne subit sa plus grave crise économique depuis 1945, selon les industriels

En Allemagne, la situation économique du pays est dans un état préoccupant. Le chancelier Friedrich Merz peine à sortir du marasme.

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L’Allemagne subit sa plus grave crise économique depuis 1945, selon les industriels © journaldeleconomie.fr

Le partenaire économique privilégié de la France glisse dans un marasme de plus en plus profond. Selon les industriels, l’Allemagne subit une crise économique grave, la plus importante depuis l’après-guerre.


L’Allemagne subit une crise économique presque historique


L’Allemagne, longtemps considérée comme le moteur industriel de l’Europe, affronte une année 2025 marquée par un recul inédit de son activité. Ainsi, elle est le seul grand pays européen en récession. Ce ralentissement prolongé confirme un essoufflement amorcé dès 2023, aggravé par la faiblesse de la demande intérieure et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement.


La Fédération des industries allemandes (BDI) n’a pas mâché ses mots. Son président, Peter Leibinger, a déclaré : « L’économie allemande traverse sa crise la plus profonde depuis l’après-guerre. » Ce constat alarmant reflète un désarroi croissant au sein d’un tissu industriel fragilisé par la hausse du coût de l’énergie, la transition écologique et la lenteur des réformes économiques. Mais surtout, il s’agit d’un sacré coup de pression de la part de la première organisation patronale du pays à destination de Friedrich Merz, le chancelier.


La production manufacturière, pilier de la puissance allemande, s’est contractée de 4,3 % sur un an. L’automobile, la chimie et la métallurgie figurent parmi les secteurs les plus durement touchés, confrontés à une baisse simultanée des commandes et des exportations.


Les industriels dénoncent des coûts énergétiques insoutenables


Au cœur de la crise se trouve une flambée durable des prix de l’énergie. Les industriels allemands ont vu leurs coûts augmenter en moyenne de 18 % en un an. Cette hausse compromet leur compétitivité face à des concurrents étrangers bénéficiant d’un accès à une énergie moins chère. « La compétitivité industrielle allemande est aujourd’hui menacée par des coûts énergétiques structurellement trop élevés », a averti Peter Leibinger. Cette situation pousse certaines entreprises à envisager une délocalisation partielle de leur production vers l’Europe de l’Est ou l’Amérique du Nord, où les prix du gaz et de l’électricité sont plus stables.


La transition énergétique engagée après la fermeture des centrales nucléaires continue de peser lourdement. Bien que Berlin ait investi massivement dans les énergies renouvelables, le réseau peine encore à assurer une production constante à moindre coût. Le gouvernement de Friedrich Merz se trouve ainsi sous pression pour assouplir certaines régulations et réduire la fiscalité sur l’énergie afin d’éviter une vague de désindustrialisation.


L’année 2025 marque ainsi un tournant : pour la première fois depuis l’après-guerre, l’Allemagne doit envisager une refondation complète de son modèle économique. Entre réindustrialisation, transition énergétique et réformes structurelles, le pays affronte l’un des défis les plus redoutables de son histoire contemporaine.

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