Le projet de loi de finances 2026 prévoyait de faire passer le nombre de jours de carence de 1 à 3 jours pour les agents publics. Cette disposition a été retirée du texte final voté à l’Assemblée nationale, après plusieurs concessions de l’exécutif pour éviter une nouvelle motion de censure, confirme le 20 Minutes.
La tentative d’alignement avec le privé fait débat
À l’origine, l’exécutif souhaitait aligner la fonction publique sur le secteur privé, où un délai de carence de trois jours est déjà en vigueur. Mais l’argument n’a pas convaincu, notamment du fait qu’environ 70 % des salariés du privé bénéficient d’une prise en charge par leur employeur dès le premier jour. Plusieurs députés et syndicats ont souligné le caractère injuste de la mesure, qui aurait frappé en priorité les fonctionnaires les plus modestes.
Les arrêts maladie déjà moins indemnisés depuis 2025
Ce recul intervient dans un contexte déjà tendu pour les agents publics. Depuis le 1er mars 2025, les arrêts maladie dans la fonction publique ne sont plus indemnisés qu’à 90 % du salaire pendant les trois premiers mois, contre 100 % auparavant. Cette mesure a été justifiée par la nécessité de réaliser 900 millions d’euros d’économies en un an, selon les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas).
Une stratégie d’économies contestée
L’abandon des trois jours de carence a été perçu comme une victoire pour les syndicats et une défaite symbolique pour le gouvernement, qui cherchait à envoyer un message de rigueur budgétaire. Plusieurs experts ont par ailleurs remis en question l’efficacité d’une telle mesure sur l’absentéisme, soulignant qu’un délai plus long pousse souvent les salariés à prolonger leur arrêt pour compenser la perte de revenus.
Un signal politique avant le retour du texte au Sénat
Ce retrait n’est pas encore définitif : le Sénat doit à nouveau examiner le texte, avant un vote final prévu début février à l’Assemblée. Néanmoins, le recul du gouvernement semble acté, tant cette mesure cristallisait les critiques. En toile de fond, le pouvoir exécutif cherche à désamorcer les tensions sociales dans une période politiquement sensible.



