Assez d’hypocrisie : l’abattage sans étourdissement est une barbarie qu’il faut interdire

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Crédit photo Shutterstock | journaldeleconomie.fr

Depuis des années, tout le monde sait et pourtant rien ne change. Les vétérinaires le savent, les scientifiques le savent, les responsables politiques le savent. Des animaux sont égorgés alors qu’ils sont encore conscients, alors qu’une méthode simple permettrait d’éviter cette souffrance. Et pendant que les rapports s’empilent et que les débats tournent en rond, des millions d’animaux continuent de subir une agonie évitable. Cette situation n’est plus seulement choquante : elle est moralement insupportable.

La vérité : on sait que les animaux souffrent

La science vétérinaire est claire depuis longtemps. Lorsqu’un animal est étourdi avant la saignée, la perte de conscience est immédiate ou quasi immédiate. Sans étourdissement, l’animal peut rester conscient pendant de longues secondes, ressentant la douleur, la panique et la détresse. Autrement dit, la souffrance est plus longue, plus intense et parfaitement évitable. Continuer à tolérer cela n’est pas un débat technique ni culturel : c’est une décision politique qui consiste à accepter volontairement une souffrance animale supplémentaire. Et cela est indigne d’une société qui prétend défendre le bien-être animal.

On impose cette viande aux consommateurs sans même les prévenir

Mais il y a encore plus choquant. Les consommateurs n’ont même pas le choix. Aujourd’hui en France, aucune mention obligatoire n’indique si la viande provient d’un animal abattu avec ou sans étourdissement. Concrètement, un citoyen peut acheter un burger, un sandwich ou un repas complet sans avoir la moindre idée de la manière dont l’animal a été tué. Certaines chaînes de restauration rapide ont même développé des offres halal dans leurs restaurants. La chaîne Quick indique ainsi servir de la viande certifiée halal dans une grande partie de ses établissements. De son côté, KFC a expérimenté ou déployé dans certains restaurants français des cartes entièrement halal. Que certains consommateurs souhaitent ce type de produits est leur droit. Mais que toute une partie de la population puisse en consommer sans le savoir est un scandale démocratique. Dans tous les autres domaines alimentaires, l’information est obligatoire. Origine, élevage, composition, labels : tout est indiqué. Mais sur la question de la souffrance animale, le silence est total. Et ce silence n’a qu’une raison : si l’étiquette indiquait clairement « animal abattu sans étourdissement », une grande partie des consommateurs refuserait probablement ces produits.

Ce n’est pas une question religieuse

Il faut être extrêmement clair. Ce débat n’est dirigé contre aucune religion. Qu’il s’agisse d’abattage halal, casher ou de toute autre pratique rituelle, la question est exactement la même : aucune croyance ne peut justifier que l’on fasse souffrir un animal davantage que nécessaire. La France est un pays laïque. Les lois doivent protéger l’intérêt général et limiter la souffrance évitable. Elles ne doivent pas adapter le droit commun à des prescriptions religieuses lorsqu’elles impliquent une souffrance animale supplémentaire. Nous sommes au XXIe siècle et la compassion élémentaire doit primer sur les traditions.

Monsieur Lecornu, madame von der Leyen : agissez enfin

Monsieur Sébastien Lecornu, Premier ministre de la France. Madame Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Ce sujet traîne depuis trop longtemps dans les tiroirs politiques. Les juridictions européennes ont déjà confirmé qu’une interdiction est juridiquement possible et plusieurs pays l’ont déjà fait, notamment la Belgique et le Luxembourg. Il n’y a donc aucune excuse pour continuer à détourner le regard. La solution est simple : interdire l’abattage sans étourdissement préalable. Et si certains gouvernements continuent de reculer, alors imposez au minimum une transparence totale avec un étiquetage obligatoire indiquant clairement « animal abattu sans étourdissement ». Pas une mention religieuse ambiguë, mais une information factuelle permettant aux citoyens de choisir ce qu’ils mangent.

Une question de civilisation

L’Europe aime se présenter comme un continent attaché à l’éthique, au progrès et au bien-être animal. Très bien. Mais ces principes n’ont aucun sens si l’on accepte en même temps que des animaux soient conscients au moment où on leur tranche la gorge alors qu’une méthode moins douloureuse existe. La réalité est simple : continuer à tolérer cela aujourd’hui est une honte. La souffrance animale n’est pas une tradition respectable. C’est une brutalité que la politique doit avoir le courage d’interdire. Et plus longtemps les dirigeants tarderont à agir, plus leur silence apparaîtra pour ce qu’il est devenu : une lâcheté.

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