François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, dresse son bilan économique à quelques semaines de quitter son poste. Dans sa lettre annuelle adressée au président de la République, il livre un portrait contrasté de l’économie française. Si les finances publiques préoccupantes restent un sujet d’inquiétude, il salue en revanche le redressement du marché du travail. Ce témoignage arrive dans un climat économique incertain marqué par le conflit au Moyen-Orient, parmi d’autres défis géopolitiques.
Où en est l’économie et comment ça se compare à l’étranger
Dans sa lettre, qualifiée par certains de « un peu son testament de gouverneur », M. Villeroy de Galhau évoque une « incertitude exceptionnellement élevée » liée aux tensions internationales, notamment au Moyen-Orient. Selon lui, le conflit impose « l’urgence » et oblige la France à se préparer à plusieurs scénarios économiques, rapporte franceinfo. En mars, la Banque de France a publié trois scénarios économiques selon l’évolution de la guerre. Dans le pire des cas, la croissance serait limitée à 0,3 % cette année, mais le pays devrait éviter la récession d’ici 2028.
Sur les quinze dernières années, la France affiche une croissance annuelle moyenne de 1,1 %, proche de celle de la zone euro mais bien en deçà de celle des États-Unis (2,3 %). François Villeroy de Galhau qualifie cette performance d’intermédiaire. Par ailleurs, en avril, la France a enregistré l’une des inflations les plus faibles de la zone euro, ce qui est un avantage dans la période actuelle.
Finances publiques et marché du travail, où en sommes‑nous
Le bilan pointe des « mauvaises finances publiques » qui demandent un redressement impératif. À l’inverse, les finances privées des entreprises et des ménages sont jugées « bonnes », ce qui donne une certaine solidité à l’économie domestique. Du côté de l’emploi, la France a connu un net redressement de l’emploi : le taux d’emploi s’est amélioré et le chômage a nettement baissé, notamment chez les seniors.
M. Villeroy de Galhau invite à dépasser les urgences et les polémiques franco‑françaises, soulignant qu’une réindustrialisation nécessaire pourrait stimuler la croissance économique. Son objectif est d’accroître la croissance potentielle à 1,5 % en moins de dix ans, ce qui apporterait des bénéfices notables sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les finances publiques.


