La cellule de surveillance VigE-commerce a alerté, le 16 juillet 2026, les parents utilisant le site nounou-top.fr pour recruter une nounou, estimant que lorsque les dispositifs de vérification de l’identité et des qualifications de profils ne permettent pas d’assurer un contrôle systématique et effectif, les allégations visant à créer un climat de confiance telles que « personnes de confiance », « profils fiables » ou « garde fiable » sont susceptibles d’induire les consommateurs en erreur. La DGCCRF a dans la foulée engagé une procédure de mise en conformité contre la plateforme.
Le grief est précis : les formules rassurantes affichées par le site ne s’appuieraient sur aucune vérification systématique de l’identité ni des qualifications des candidats à la garde d’enfants. Autrement dit, un profil étiqueté « fiable » ne serait pas nécessairement celui d’une personne dont le casier ou les diplômes ont été contrôlés.
La plateforme affiche pourtant une note de 4,8/5 sur Trustpilot et 4,6/5 calculée sur plus de 3 200 avis internes, des chiffres qui, de l’avis des services de l’État, ne sauraient tenir lieu de garantie sur la sécurité réelle des profils.
Un plan de contrôle étendu à tout le secteur
Le cas nounou-top.fr n’est qu’un point de départ. La DGCCRF annonce le lancement prochain d’un « vaste plan de contrôle des plateformes concernées, afin de s’assurer de la loyauté des informations fournies aux consommateurs s’agissant des dispositifs de vérification des profils mis en ligne », rapporte Clubic. L’ensemble des sites de mise en relation dans le secteur de la garde d’enfants sera concerné.
L’enjeu, tel que le posent les services de Bercy, est de distinguer un argument marketing d’un dispositif réel. Promettre des « profils fiables » sans effectuer de contrôle effectif relève, selon la DGCCRF, de pratiques commerciales trompeuses.
Ce que les parents peuvent exiger dès maintenant
En attendant une éventuelle refonte de ces plateformes, les autorités livrent des recommandations concrètes aux familles. La première : demander au candidat une copie de son bulletin numéro 3 du casier judiciaire, dont l’authenticité peut être vérifiée sur le site gouvernemental dédié.
La seconde, tout aussi directe : rencontrer la personne en personne plutôt que de se fier à un profil en ligne. Les services de l’État recommandent également de comparer plusieurs candidats et de solliciter des références auprès d’anciens employeurs.
Sur le plan législatif, un projet de loi sur la protection de l’enfance prévoit d’introduire une attestation d’honorabilité que les parents employeurs pourront exiger des candidats à la garde à domicile. Ce document attesterait de l’absence de condamnation définitive inscrite au casier judiciaire ou au FIJAISV, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes.
Une telle attestation existe déjà pour les professionnels de la petite enfance, du handicap et de l’adoption, mais le secteur de la garde à domicile en était jusqu’ici exclu.




