Un infirmier à domicile âgé de 68 ans, installé à Massa (région de Toscane, Italie), s’est retrouvé au cœur d’une affaire judiciaire pour le moins inhabituelle. Employé par l’Agence régionale de santé du Nord-Ouest de la Toscane, il a pendant des années jonglé entre son métier de soignant et son rôle de copropriétaire d’un supermarché. Son comportement frauduleux et ses manquements répétés à ses obligations l’ont finalement conduit à une condamnation définitive.
Il menait une double vie et a trahi la confiance
Pendant plusieurs années, l’infirmier a délibérément laissé ses patients sans l’assistance médicale qu’il devait leur fournir. À la place, il passait ses heures de service à gérer le commerce de supermarché dont il était copropriétaire. Les gendarmes l’ont surpris en train de travailler dans ce magasin pendant ses horaires officiels d’infirmier. Cette trahison a eu des conséquences directes pour la communauté : patients et familles ont payé pour un service qui n’était pas rendu.
Le tribunal de Massa a entériné la condamnation pour fraude le 29 mai 2024, après une condamnation définitive prononcée par la Cour suprême italienne pour fraude et détournement de fonds. L’accusé, arrêté initialement en 2015, a été condamné à 18 mois de prison. Par ailleurs, la Corte dei Conti a demandé qu’il verse près de 70 000 € à l’Agence régionale de santé pour compenser les dommages patrimoniaux ainsi que les atteintes à l’image de l’institution.
Des conséquences lourdes pour la communauté
Le détournement de fonds publics a causé un double préjudice pour la collectivité. D’une part, l’infirmier a touché un salaire pour des soins jamais assurés. D’autre part, ses absences ont forcé ses collègues à intervenir en urgence, générant un surcoût pour l’Agence régionale de santé du Nord-Ouest de la Toscane. Le témoignage des patients et de leurs familles a joué un rôle déterminant durant le procès : plusieurs ont raconté que l’infirmier était souvent introuvable. La sentence relève d’ailleurs : « Ma mère avait besoin d’assistance à domicile, on lit dans la sentence, l’ASL devait envoyer quelqu’un mais l’infirmier ne venait pas toujours. »
L’enquête a mis au jour des preuves accablantes
L’enquête conduite par les Carabinieri a mis en lumière des éléments probants. On a relevé l’utilisation illégale du véhicule de service pour se rendre au supermarché et des falsifications répétées des registres de présence. Ces infractions portent atteinte à la réputation de l’employeur, l’ASL Toscana Nord Ovest, et montrent qu’il faut mieux surveiller les activités des personnels.
L’affaire a été largement relayée par le Corriere Fiorentino, qui a détaillé les faits. Selon le journal, l’infirmier avait pris l’habitude « d’abandonner ses patients » pour s’occuper de sa seconde activité. Les collègues ont confirmé ces comportements récurrents et volontaires.



