Ce grand ménage dans les PEL trouve son origine dans une réforme méconnue, adoptée par la loi de finances rectificative de 2010, entrée en vigueur le 1er mars 2011, explique le magazine Pleine Vie. Depuis cette date, tout nouveau PEL est limité à une durée maximale de 15 ans. Passé ce délai, la clôture devient automatique.
En clair : tous les PEL ouverts en mars 2011 seront clôturés en mars 2026. Ce calendrier s’étendra ensuite jusqu’en 2030, avec la fermeture progressive des PEL ouverts jusqu’en 2015.
Selon la Banque de France, 36 % des PEL en circulation sont concernés. Cela représente 3,2 millions de comptes et 93 milliards d’euros d’épargne. Des sommes considérables, qui vont devoir être réaffectées rapidement.
Un placement au rendement garanti menacé
La fin automatique de ces PEL va faire disparaître un rendement fixe souvent supérieur à l’offre actuelle. Entre 2003 et 2015, la majorité des PEL affichaient un taux contractuel de 2,5 %, net de toute variation pendant 15 ans.
À titre de comparaison, le Livret A stagne à 1,7 %, et les nouveaux PEL ouverts à partir de 2026 seront plafonnés à 2 %. Résultat : conserver un ancien PEL le plus longtemps possible reste, pour beaucoup, la meilleure option de rendement sans risque.
Mais à partir de 2026, l’option ne sera plus sur la table. Une fois les 15 ans atteints, les banques seront contraintes de clôturer les comptes ou de les transformer en livrets classiques, dont le taux sera librement fixé… souvent à la baisse.
Où ira l’argent des PEL clôturés ?
La fermeture des PEL n’entraîne pas la perte du capital. Les banques devront choisir où transférer les fonds. Plusieurs options sont envisagées :
- Versement sur le compte courant du client
- Transfert vers un Livret A, un LDDS ou un LEP
- Souscription d’un contrat d’assurance-vie
- Ouverture d’un nouveau PEL (moins avantageux)
La décision finale revient à l’établissement bancaire, à moins que l’épargnant prenne les devants.
Comment réagir avant la date limite
Les experts recommandent de vérifier dès maintenant la date d’ouverture de son PEL, en particulier pour ceux souscrits entre 2011 et 2015. Une fois cette date identifiée, plusieurs stratégies sont envisageables :
- Clôturer le PEL avant échéance pour réallouer l’épargne à un produit choisi, avec un rendement maîtrisé.
- Utiliser les fonds pour débloquer un prêt immobilier, l’une des fonctions historiques du PEL.
- Consulter sa banque pour organiser une réaffectation optimisée (contrat multisupport, assurance-vie…).
Les épargnants concernés doivent également prendre en compte la fiscalité : les intérêts des PEL ouverts depuis 2018 sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, tandis que ceux des PEL de plus de 12 ans sont imposables à l’impôt sur le revenu.
Une perte sèche si rien n’est fait
Attendre passivement la clôture revient à perdre un rendement fixe supérieur à l’inflation. La mutuelle Carac parle même d’« érosion évitable du capital », en appelant les épargnants à agir en amont.
L’enjeu est double : maintenir la performance de son épargne et éviter une réallocation subie. À défaut, l’argent sera basculé vers un livret d’attente, peu rémunérateur, sans garantie d’équivalence.





