Chômage des frontaliers : l’Unédic lance un appel à l’État pour réduire la facture

Publié le
Lecture : 2 min
Flag 993627 1280
Chômage des frontaliers : l’Unédic lance un appel à l’État pour réduire la facture | journaldeleconomie.fr

L’Unédic tire la sonnette d’alarme sur le coût croissant du chômage des travailleurs frontaliers, évalué à 800 millions d’euros par an. En réponse, l’organisme appelle à une révision des règles de compensation entre la France et les pays voisins. Le gouvernement semble déjà prêt à agir, mais des négociations complexes s’annoncent avec les partenaires sociaux et au niveau européen.

Un coût élevé pour le chômage des frontaliers

L’Unédic, organisme en charge de la gestion de l’assurance chômage en France, a de nouveau pointé du doigt le coût exorbitant du chômage des travailleurs frontaliers, principalement en provenance de la Suisse et du Luxembourg.

Lors de la présentation de ses prévisions financières pour 2024, l’Unédic a révélé que cette charge s’élève à environ 800 millions d’euros par an, dépassant les 9 milliards d’euros depuis 2011. Jean-Eudes Tesson, président de l’Unédic, a exprimé un « ras-le-bol » grandissant au sein de l’organisme, soulignant l’urgence de revoir les règles de compensation entre la France et les pays où les frontaliers travaillent.

Actuellement, les frontaliers cotisent dans le pays où ils exercent leur activité, mais c’est le pays de résidence, ici la France, qui indemnise en cas de chômage. Depuis 2010, les États employeurs ne remboursent que trois à cinq mois d’allocations, laissant l’Unédic assumer le surplus lorsque la durée du chômage dépasse ces délais. Or, les frontaliers restent souvent au chômage plus de cinq mois, générant un coût important pour la France.

Jean-Eudes Tesson a particulièrement pointé la Suisse, où 61 % des frontaliers travaillant dans ce pays résident en France. « Il est temps que la Suisse rembourse le bénéfice qu’elle fait sur le dos de notre régime d’assurance chômage », a-t-il déclaré. Le Medef soutient cette position, réclamant un ajustement des modalités de remboursement, alors que la dette de l’Unédic atteint 59 milliards d’euros, en grande partie alourdie par la crise du Covid-19.

Des négociations complexes en vue

Face à cette situation, l’Unédic demande à l’État français de se montrer plus actif dans les négociations européennes. Patricia Ferrand, vice-présidente de l’Unédic, a rappelé que ce dossier est depuis longtemps sur la table, sans que des actions concrètes aient été prises. « Nous appelons l’État français à renforcer ses positions dans les négociations européennes », a-t-elle déclaré.

Le gouvernement semble avoir pris conscience de l’urgence de la situation. Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail, a affirmé dans une interview accordée à L’Opinion qu’elle entend revenir à la charge pour réviser le règlement européen sur le remboursement des allocations chômage des frontaliers. Elle a également suggéré une révision des critères définissant une « offre raisonnable d’emploi » pour ces travailleurs.

Actuellement, les frontaliers peuvent refuser des offres en France, au motif qu’elles ne correspondent pas à leur niveau de rémunération antérieur, souvent plus élevé en Suisse ou au Luxembourg. Cette situation permet à ces demandeurs d’emploi de continuer à percevoir des allocations chômage plus longtemps que prévu.

Les négociations s’annoncent cependant complexes, tant au niveau européen que national. Les partenaires sociaux, engagés depuis le 22 octobre dans une nouvelle phase de discussions sur la convention d’assurance chômage, ont souligné la difficulté d’introduire de nouvelles règles spécifiques aux frontaliers dans le délai imparti, qui se termine le 14 novembre. Si certaines mesures sont à l’étude, la CGT insiste sur la nécessité de protéger les frontaliers, qu’ils soient cadres ou ouvriers, contre d’éventuelles décisions trop punitives.

2 réflexions au sujet de “Chômage des frontaliers : l’Unédic lance un appel à l’État pour réduire la facture”

  1. A-t-on fait le calcul du surplus d´impôt payé par les frontaliers du fait de leurs salaires plus élevé que s´ils travaillaient en France. De plus ne doit-on pas avoir plus de considération pour eux, puisqu´ils prennent la peine de travailler à l´étranger et réduisent ainsi le chomage en France? Il n´est pas certain que dans ce cas l´état soit perdant. Il faut prendre en compte tous les paramètres.

  2. BLA BLA BLA je suis un ancien frontalier du Luxembourg, la France reçoit une partie des impots à la source qui ont été prélevé dans le pays tiers

Laisser un commentaire

Share to...