Dans une atmosphère tendue, le projet de loi de finances pour 2026 bute à l’Assemblée nationale. Le gouvernement n’a pas réussi à faire adopter le budget par un vote, les discussions ont donc été décalées, et la situation ouvre plusieurs questions sur l’avenir des finances publiques et les moyens constitutionnels que l’exécutif pourrait utiliser.
Report des débats et premières conséquences
Peu avant minuit, le jeudi 15 janvier, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé l’annulation des débats prévus vendredi et le lundi suivant. Ils ont été reprogrammés au mardi 20 janvier, annonce Cnews. Cette décision, prise avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, vise à définir une stratégie pour sortir de l’impasse. Le gouvernement envisage deux voies constitutionnelles : l’article 49.3 (qui permet de faire passer un texte sans vote) ou une ordonnance budgétaire (une procédure sans précédent dans ce cas).
Les tensions sont palpables. Matignon (le cabinet du Premier ministre) a dénoncé un « sabotage continu » de la part de certaines formations politiques, en particulier le Rassemblement national (RN), qui a voté en faveur d’une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a confirmé que ces deux options étaient sur la table pour tenter de sortir de la crise politique.
Qui joue quoi : les acteurs et leurs responsabilités
Les discussions autour du budget 2026 s’apparentent à un jeu d’influence entre différentes figures politiques, illustrant l’échec des négociations. Marine Le Pen, présidente du groupe RN, a fustigé les partis du « socle commun », qu’elle accuse d’avoir « menti ». Jean-Philippe Tanguy, député RN, a assuré que l’absence actuelle de budget n’était ni de la responsabilité du RN ni de La France Insoumise (LFI).
Du côté du gouvernement, Laurent Panifous a déclaré que le Premier ministre soumettrait des propositions d’évolution du projet de loi dès le vendredi, pour essayer de trouver un compromis et éviter une éventuelle censure du Parti socialiste (PS). Philippe Brun, négociateur principal du PS sur le budget, a déjà dit être opposé à la voie de l’ordonnance.
Le gouvernement doit aussi répondre aux interpellations de députés comme Éric Coquerel (président de la commission des finances, LFI) et Aurélien Le Coq (député LFI), qui jugent les deux options du gouvernement « coup de force ». Emmanuel Macron, le président de la République, qui tablait sur un budget d’ici la fin janvier, voit son calendrier bousculé par ces tensions.




