Le 19 novembre 2025, à Washington, le Fonds monétaire international a présenté aux ministres du G20 ses nouvelles prévisions de croissance à l’horizon 2030, dans un contexte où l’économie mondiale reste fragilisée par des tensions commerciales persistantes, des niveaux d’endettement élevés et une démographie moins porteuse. Selon ce rapport de référence, la croissance des vingt plus grandes économies du globe ne dépasserait pas 2,9 % en 2030, ce qui constitue, d’après le FMI, la plus faible perspective de croissance à moyen terme depuis la crise financière mondiale de 2009.
Une croissance mondiale du G20 plafonnée à 2,9 % en 2030
Pour l’ensemble des vingt plus grandes économies, le FMI prévoit désormais une croissance moyenne de 2,9 % en 2030, ce qui, en apparence, pourrait sembler acceptable, mais marque cependant un net tassement par rapport aux décennies précédentes. Le rapport adressé au G20 insiste sur le fait que cette croissance constitue, selon les services du FMI et l’analyse de Reuters, la plus faible trajectoire de croissance à moyen terme depuis la crise de 2009. Cette croissance modérée s’inscrit ainsi dans une séquence où la croissance du G20 atteindrait encore 3,2 % en 2025, après 3,3 % en 2024, avant de ralentir à 3,0 % en 2026, ce qui illustre une tendance graduelle mais tenace vers une croissance plus faible. D’après le FMI, cette évolution de la croissance est déjà visible dans les comptes nationaux et dans les projections internes, ce qui conduit les institutions internationales à alerter de plus en plus tôt sur le risque d’une croissance structurellement insuffisante pour absorber les chocs et financer les transitions en cours.
Cette dynamique de croissance ralentie ne s’explique pas par un seul facteur, mais par un ensemble de vents contraires qui se renforcent les uns les autres et pèsent durablement sur la croissance mondiale. D’abord, le FMI souligne que la montée du protectionnisme, l’augmentation des droits de douane et l’incertitude sur les politiques commerciales freinent la croissance des échanges, donc la croissance potentielle du G20. Ensuite, l’institution pointe le vieillissement démographique dans de nombreuses économies avancées, la faiblesse persistante de la productivité et un rythme d’accumulation du capital plus lent, autant d’éléments qui limitent la croissance future. De plus, le blog du FMI consacré aux économies du G20 rappelle que ces pays, qui représentent environ 85 % de la production mondiale, affichent une dette publique moyenne proche de 102 % du PIB, ce qui réduit la capacité à soutenir la croissance par la dépense publique.
Croissance en ordre dispersé : économies avancées contre émergentes
Derrière le chiffre agrégé de 2,9 % de croissance pour 2030 se cache un contraste marqué entre économies avancées et économies émergentes, ce qui renforce l’idée d’une croissance en ordre dispersé. Selon le rapport du FMI au G20, les économies avancées du groupe (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, zone euro, Japon, Corée du Sud, Australie) n’enregistreraient qu’une croissance de 1,4 % en 2030. Cette croissance faiblement dynamique représente ainsi un glissement durable vers un régime de croissance plus bas, avec moins de marges pour réduire les inégalités, financer la transition climatique ou absorber les chocs budgétaires.
À l’inverse, les économies émergentes du G20 (notamment la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, le Mexique, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Russie et l’Argentine) devraient, toujours selon le FMI repris par Reuters, afficher une croissance plus robuste de 3,9 % en 2030. Cette croissance plus élevée demeure toutefois inférieure aux rythmes observés dans les années 2000, ce qui laisse entendre que même les locomotives émergentes entrent dans une phase de croissance moins spectaculaire.
Croissance, FMI et réformes : quelles marges de manœuvre d’ici 2030 ?
Face à cette perspective de croissance limitée à 2,9 % à l’horizon 2030, le FMI insiste sur le rôle central des politiques économiques pour redresser la trajectoire de croissance des vingt plus grandes économies. Les services du FMI estiment que, malgré la résilience remarquable des économies du G20 face aux multiples chocs récents, les perspectives de croissance à moyen terme se sont nettement modérées, et qu’il devient donc urgent de poursuivre des réformes à fort impact.
Les équipes du FMI identifient ainsi plusieurs leviers clés pour relancer la croissance : réformes des institutions du marché du travail, amélioration de la qualité de la dépense publique, simplification de la réglementation des entreprises et renforcement de la concurrence. De plus, des simulations internes suggèrent que la mise en œuvre des réformes structurelles prioritaires, combinée aux politiques macroéconomiques recommandées, pourrait augmenter la croissance cumulée du G20 d’environ 7 points de pourcentage sur la prochaine décennie. Une telle trajectoire de croissance, selon le FMI, permettrait en outre de réduire l’endettement public d’environ 8 points de PIB en cinq ans dans les pays où la marge budgétaire est la plus limitée.


