En 2015, le scandale du Dieselgate a été une déflagration dans le secteur automobile. Volkswagen peine à s’en relever, encore aujourd’hui. Trois associations de défense de l’environnement viennent d’assigner l’État pour inaction.
10 ans après le Dieselgate, l’État accusé d’inaction
La CLCV, France Nature Environnement et ClientEarth viennent d’assigner l’État en justice dans le cadre du Dieselgate. Leur grief : la France n’a pas imposé aux constructeurs le rappel de millions de véhicules polluants. Elles demandent à la justice de contraindre la France à organiser une campagne de rappel massive, sous peine de sanctions financières importantes. Il en va, selon elles, de la santé publique.
Selon France Nature Environnement, près de 3,3 millions de voitures diesel vendues entre 2011 et 2019 circulent encore en France avec des émissions très supérieures aux seuils autorisés. Ces véhicules représentent non seulement un risque sanitaire, mais aussi une bombe financière à retardement pour l’État.
En effet, l’Union européenne impose aux États membres de garantir la conformité des véhicules en circulation. Le manquement français pourrait exposer le pays à des sanctions financières pour non-respect des règlements européens. De plus, en cas de condamnation devant le tribunal administratif, l’État pourrait être contraint de financer des campagnes massives de rappel, évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros si elles devaient couvrir l’ensemble du parc encore en circulation.
Conséquences pour l’industrie automobile et la compétitivité
Le Dieselgate avait déjà fragilisé la réputation des constructeurs européens, en particulier Volkswagen, dès 2015. Dix ans plus tard, l’inaction de l’État français pourrait amplifier les pertes de confiance. Si une obligation de rappel est prononcée, les constructeurs devront assumer des coûts logistiques et techniques considérables : remplacement de logiciels, modifications mécaniques, voire indemnisation des clients.
Les experts estiment que le rappel de plusieurs millions de véhicules pourrait affecter la rentabilité des groupes concernés. À cela s’ajoute un risque d’effet boule de neige sur le marché de l’occasion : les véhicules soupçonnés d’être non conformes perdent de la valeur, entraînant des pertes directes pour les ménages et une contraction du marché automobile.
Enfin, cette affaire soulève un enjeu moins visible mais tout aussi stratégique : celui de la crédibilité internationale. La France, qui se veut moteur de la transition écologique, est aujourd’hui accusée de laxisme. Une condamnation judiciaire pour inaction dans le Dieselgate enverrait un signal négatif aux investisseurs et partenaires européens, affaiblissant la position française dans les négociations sur la future réglementation automobile.
