Eurostar exige que ses nouveaux TGV résistent à 55°C : les ingénieurs confirment que le seuil précédent ne suffit plus face aux canicules à venir

Des trains commandés pour résister à 55 °C… soit les températures de l’Arabie saoudite. Eurostar anticipe un futur climatique que l’Europe n’a pas encore vécu, et les projections météo qui ont motivé cette décision donnent franchement le vertige.

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Eurostar exige que ses nouveaux TGV résistent à 55°C : les ingénieurs confirment que le seuil précédent ne suffit plus face aux canicules à venir
Eurostar exige que ses nouveaux TGV résistent à 55°C : les ingénieurs confirment que le seuil précédent ne suffit plus face aux canicules à venir © journaldeleconomie.fr

Eurostar a modifié les spécifications techniques de sa commande de nouveaux trains passée auprès d’Alstom, pour que ces rames puissent fonctionner à des températures allant jusqu’à 55 °C, contre 45 °C initialement prévu. L’information a été révélée par le Financial Times, qui indique qu’Eurostar « a mis à jour ses spécifications la semaine dernière ».

Ces modifications portent principalement sur les matériaux utilisés pour les composants des unités de climatisation. Des caractéristiques de résistance aussi élevées étaient jusqu’ici réservées aux marchés africain et moyen-oriental.

La commande, signée fin 2025 pour un montant de 1,4 milliard de livres sterling, porte sur jusqu’à 50 trains baptisés Eurostar Celestia, dont les livraisons sont attendues vers 2030. Ces rames sont conçues pour circuler dans le tunnel sous la Manche et dans cinq pays européens et doivent rester en service jusque dans les années 2060. Trente ans de service, donc, pendant lesquels le climat européen pourrait considérablement se réchauffer.

Des projections météo qui ont pesé dans la décision

La directrice générale d’Eurostar, Gwendoline Cazenave, a expliqué au Financial Times le raisonnement derrière cette révision : « Cette année, la vague de chaleur a été plus précoce, plus longue et plus intense que jamais. » Elle a ajouté : « Avant la semaine dernière, je n’aurais jamais pensé que nous aurions besoin d’aller jusqu’à 55 °C, un niveau de températures normalement associé à un pays comme l’Arabie saoudite. »

Les projections du Met Office, le service météorologique britannique, ont manifestement joué un rôle dans cette décision. L’organisme prévoit que la température maximale en Angleterre pourrait atteindre 45 °C dès 2056, et qu’à l’horizon 2060, des pics à 40 °C deviendront courants. Fin juin, certaines régions du Royaume-Uni avaient déjà enregistré 37,7 °C durant plusieurs jours consécutifs.

Pour Cazenave, la réponse ne peut pas se limiter à des ajustements opérationnels : Eurostar doit non seulement « renforcer ses plans à court terme » mais aussi « envisager l’avenir différemment ».

Après la canicule de 2022, Eurostar avait déjà mis en place un « Plan Solstice », prévoyant notamment des tests quotidiens des systèmes de climatisation de chaque voiture, davantage de créneaux en atelier pour les réparations et des mesures visant à accélérer l’approvisionnement en pièces détachées. La modification des spécifications de la commande Alstom va plus loin, et Eurostar reconnaît avoir décidé de revoir en profondeur ses mesures d’adaptation au réchauffement climatique.

Les termes du contrat autorisaient la compagnie à modifier les spécifications relatives à la résistance à la chaleur avant la finalisation de la commande, ce qui a rendu l’ajustement possible sans renégociation formelle. « Nous avons décidé de modifier l’option et d’opter pour des trains capables de supporter 55 degrés », a confirmé Cazenave.

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