Le 2 décembre 2025, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a réaffirmé que le gouvernement « n’envisageait absolument pas » de modifier le fonctionnement du Livret A. Cette annonce intervient dans un contexte où le plafond du Livret A — 22 950 € — et son régime d’avantages fiscaux sont remis en question après les recommandations du CPO.
Le gouvernement clarifie sa position
Dès la publication du rapport du CPO, une onde de choc a traversé le monde de l’épargne. L’idée de réduire le plafond du Livret A à 19 125 € et de taxer les intérêts au-delà de ce seuil visait, selon le CPO, à freiner ce qu’il considérait comme un usage abusif — transformant un produit d’épargne de précaution en un placement pour les plus fortunés.
Mais face à ces préconisations, Roland Lescure a fermement mis les choses au point. Il a déclaré que « Le gouvernement n’envisage absolument pas de toucher au fonctionnement du Livret A : ni à travers une réduction de son plafond, ni par une fiscalisation, y compris partielle. » Il a ajouté que les recommandations du CPO « n’engagent que la Cour des comptes et ne constituent en aucun cas la position du Gouvernement. »
Selon lui, le Livret A est « un produit d’épargne populaire essentiel, qui joue un rôle déterminant dans le financement du logement social et du renouvellement urbain », tout en étant « un outil central pour soutenir les ménages qui en ont le plus besoin ». Cette prise de position intervient alors que le taux du Livret A a récemment été abaissé à 1,7 %.
Les raisons invoquées par l’État
Le gouvernement justifie son refus de réformer le Livret A pour plusieurs motifs, liés tant à la justice sociale qu’aux priorités économiques. Selon le ministre, toucher au Livret A risquerait de fragiliser l’épargne populaire, notamment des ménages modestes.
De plus, le Livret A sert à financer le logement social et les politiques de renouvellement urbain — un rôle jugé fondamental. Enfin, le gouvernement considère que d’autres mesures ont déjà été prises pour protéger le pouvoir d’achat des Français ces dernières années, ce qui rendrait inopportune une réforme sur l’épargne populaire.
Enjeux pour les Français et pour l’État
Pour les ménages, le maintien du Livret A dans sa forme actuelle constitue un soulagement. Ils conservent un produit d’épargne liquide, défiscalisé, accessible et sécurisé — un refuge en période d’incertitude économique. En particulier ceux modestes ou moyens, pour qui le Livret A reste un outil d’épargne de précaution.
Pour l’État, refuser la réforme signifie renoncer à des recettes fiscales potentielles. Le rapport du CPO évoquait un gain possible « jusqu’à 150 millions d’euros », en ciblant les livrets les plus garnis. Mais en l’absence de mise en œuvre, ces recettes ne se matérialiseront pas. En contrepartie, le gouvernement préserve ce qu’il considère comme un pilier social et un soutien indirect au logement.
Par ailleurs, le contexte récent — avec un taux du Livret A abaissé à 1,7 % depuis août 2025 — atténue déjà l’attrait du produit. En conservant le plafond et le régime fiscal, l’État mise sur la stabilité plus que sur une réforme budgétaire.
Perspectives : le débat reste ouvert
Même si le gouvernement ferme pour l’instant la voie à toute modification, la publication du rapport du CPO montre que la question de l’épargne réglementée reste sur la table. Les magistrats de la Cour estiment qu’un plafonnement abaisserait les « effets d’aubaine » et améliorerait l’équité de la fiscalité du patrimoine.
Mais pour l’instant, le mot d’ordre est « pas touche au Livret A ». Les ménages peuvent dormir sur leurs deux oreilles — du moins jusqu’à ce qu’un nouveau débat soit lancé.
