« Je gagne un salaire suisse et je dors dans mon camping-car à la frontière » : Geoffroy, 37 ans, paie 400€ par mois de loyer

Loyers impossibles, salaires suisses qui font rêver : un ex-boulanger a tout quitté pour vivre en camping-car à la frontière. Sa mairie prépare déjà dix emplacements pour accueillir d’autres frontaliers comme lui.

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« Je gagne un salaire suisse et je dors dans mon camping-car à la frontière » : Geoffroy, 37 ans, paie 400€ par mois de loyer
« Je gagne un salaire suisse et je dors dans mon camping-car à la frontière » : Geoffroy, 37 ans, paie 400€ par mois de loyer © journaldeleconomie.fr

Geoffroy a 37 ans. Il travaille en Suisse et loge dans son camping-car, garé sur un parking aux Fourgs, dans le Doubs. Un choix dicté par un constat simple : impossible de payer les loyers pratiqués côté français, près de la frontière suisse.

Avant cela, Geoffroy était boulanger. Il a quitté la région parisienne, où la vie lui coûtait trop cher, pour tenter sa chance de l’autre côté de la frontière. Le 28 septembre 2026, il cherche toujours un emploi stable en Suisse.

En attendant, il a mis de l’ordre dans son quotidien administratif : une adresse, un compte bancaire côté suisse, une voiture rapatriée. « Je me suis occupé de me faire une adresse, d’ouvrir un compte du côté de la Suisse, de rapatrier une voiture. De m’organiser, tout simplement pour ensuite aller travailler et être autonome », raconte-t-il dans un entretien accordé à France 3.

Dans son camping-car, il vit avec sa chienne. Les caméras de la chaîne ont pu visiter les lieux : une cuisine, une salle de bain, une chambre, un frigo. « Voilà ma petite maison où il y a tout le confort nécessaire, comme dans une vraie maison », décrit-il. Pour lui, ce mode de vie reste transitoire : dès qu’un emploi stable se présentera, il compte s’installer définitivement en Suisse.

Geoffroy n’est pas un cas isolé. Pablo, serveur, vit lui aussi dans un camping-car près de la frontière. Il y voit un double avantage : le confort d’un petit chez-soi, et la liberté de prendre la route les jours de repos pour découvrir les environs.

Aux Fourgs, la mairie prépare dix emplacements à 400 euros par mois

Le maire des Fourgs, Roger Belot, veut structurer cette nouvelle forme d’habitat frontalier. D’ici mars 2027, la commune prévoit d’aménager un espace dédié aux camions-logements, avec de meilleures conditions de vie pour leurs occupants. L’investissement s’élève à 180 000 euros.

Dix emplacements de camping-cars seront proposés à la location, moyennant un loyer mensuel de 400 euros. La commune s’engage à apporter l’eau, l’électricité et l’assainissement sur la plateforme aménagée. « Pour nous, l’idée, c’est vraiment de travailler avec eux et de les intégrer dans le village. Ça va leur apporter plus de confort, même s’ils seront toujours dans leurs véhicules. On va arborer la plateforme, on va leur amener l’eau, l’électricité, l’assainissement. Il faut qu’ils se sentent aussi chez eux », explique l’édile.

Ce projet répond à une demande croissante de logements abordables près de la frontière. Travailler en Suisse attire de nombreux Français, séduits par des salaires plus élevés et un faible taux de chômage. Certains abandonnent leur routine métro-boulot-dodo pour tenter l’aventure frontalière, quitte à affronter des embouteillages qui débutent parfois dès 4 heures du matin et des loyers qui grimpent sans cesse à mesure qu’on approche de la frontière.

Geoffroy, lui, continue de chercher un travail stable en Suisse, sa chienne à ses côtés dans son camping-car garé aux Fourgs.

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