La France continue d’avancer. Personne ne sait comment. Probablement par inertie ou grâce à un entrepreneur caché sous l’Élysée qui pédale en silence pour faire tourner l’économie. D’un côté, la France qui se lève tôt, travaille tard, se fait engueuler au milieu, et découvre que son argent a disparu dans le triangle des Bermudes budgétaire. De l’autre, la France politique, qui vit dans une réalité parallèle où la dette se dissout dans l’eau bénite et où la croissance est un Pokémon légendaire que personne n’a jamais vu, sauf sur PowerPoint.
La France qui produit : les pigeons volontaires du grand cirque fiscal
Ceux-là croient encore à des idées ringardes : produire quelque chose, créer des emplois, innover, se battre pour payer le loyer d’un local professionnel d’avant-guerre avec moquette type musée Grévin. L’État les considère comme des distributeurs automatiques avec deux options : « retirer » ou « confisquer ». Ces naïfs financent tout : les aides au wokisme apicole, le ministère de la Danse des Signatures Administratives, les subventions pour apprendre aux dauphins à recycler les mégots. En échange, ils reçoivent un courrier de Bercy qui commence par « Cher contribuable » et se termine par « on espère que vous aimez les pâtes coquillettes ». S’ils osent protester, un ministre surgit pour leur dire qu’ils sont privilégiés, puis repart sur son scooter électrique payé par leurs impôts pour inaugurer un rond-point « inclusif et non genré ».
La France qui dépense : les artistes contemporains du gouffre financier
Nos politiques, ceux qui gouvernent et font des lois, se répartissent en catégories qu’aucun zoologiste n’a encore voulu étudier. Les incompétents. Ils pensent qu’un bilan comptable est un dessert italien. Les irresponsables. Ils ajoutent des milliards à la dette comme un adolescent vide le frigo, persuadés que « ça va le faire ». Les lâches. Ils tremblent à l’idée de fâcher la CGT ou une organisation d’étude du genre dans les civilisations post coloniales, un peu comme si l’URSS existait encore, mais avec des doudounes et des merguez. Les idéologues. Ils rêvent d’un monde merveilleux où l’argent tombe des nuages en billets recyclables, où chaque chef d’entreprise est remplacé par un Comité Populaire du Gratouillage Équitable. Les démagos. Ils feraient exploser un hôpital si un sondage disait que cela peut leur offrir 0,3 point de popularité supplémentaire. Les réalistes. On en croise deux par décennie. Ils disent « attention ». On leur répond : « c’est pas gentil pour les rêves ». On les enferme dans une salle de réunion sans fenêtres où ils doivent écouter un PowerPoint sur la croissance verte par le recyclage des déficits.
La doctrine nationale : taxer l’oxygène, subventionner le vide
La stratégie économique de la France est simple : punir ceux qui font tourner le pays et récompenser ceux qui disent que tout va bien pendant que le bateau coule. Chaque réforme consiste à repeindre le Titanic en vert fluo pour que ça fasse plus moderne et contre le réchauffement climatique. L’État emprunte pour rembourser ses emprunts, puis emprunte encore parce que « tant que les marchés ne crient pas, tout va bien ». Quand un entrepreneur explique que la France perd ses usines, on lui répond qu’il devrait être fier : il fait partie d’une nation pionnière dans la désindustrialisation inclusive et la décroissance.
Deux options pour finir : renvoyer les perceurs de coques ou apprendre à respirer sous l’eau
Le choix est limpide. Soit la France continue d’être dirigée par des gens qui confondent une calculette avec un presse-papier. Soit elle confie les clés à ceux qui savent que les chiffres ne sont pas des décorations de Noël et qu’une entreprise n’est pas un impôt sur pattes. La France qui produit rame avec acharnement. La France politique fait plein de trous dans le bateau en lui expliquant que c’est pour améliorer l’aération et que les voie d’eau ne sont pas graves tant que les pompes fonctionnent. Tant que ceux qui rament s’excusent auprès de ceux qui percent, le naufrage est garanti. Il reste donc une question cruciale. Préfère-t-on finir en musée de la fiscalité punitive ou redevenir un pays normal où l’effort ne sert pas uniquement à financer le ridicule organisé.



