Le retrait du malus au poids pour les voitures électriques en 2026 marque un arbitrage fiscal clair : préserver la dynamique de l’électrification, tout en accentuant la pression sur les véhicules thermiques. Derrière cette décision, c’est une recomposition progressive du marché automobile qui se dessine, avec des conséquences concrètes pour les acheteurs.
Le malus au poids recentré sur les véhicules thermiques
Le malus au poids, instauré pour limiter la montée en gamme et l’alourdissement des véhicules, voit son champ d’application se préciser. En 2026, il s’appliquera à partir de 1.500 kg, un seuil qui concerne désormais une large part des modèles thermiques vendus sur le marché français. Cette évolution s’ajoute au durcissement du malus CO₂, dont les seuils ont été abaissés.
Dans les faits, ce double dispositif fiscal cible particulièrement les SUV thermiques, qui cumulent masse élevée et émissions supérieures à la moyenne. À l’immatriculation, la facture peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros, transformant la fiscalité en critère déterminant dans l’acte d’achat. Pour les ménages, le coût global d’acquisition devient ainsi un élément central de comparaison entre motorisations.
L’électrique finalement exempté d’une taxation au poids
À l’inverse, les voitures électriques échappent totalement au malus au poids en 2026. Initialement, le gouvernement avait envisagé une application partielle de cette taxe aux modèles électriques les plus lourds, au-delà d’un seuil d’environ 2.100 kg, avec un abattement destiné à compenser le poids des batteries. Cette option a finalement été abandonnée lors des arbitrages budgétaires.
Le texte adopté confirme donc une exonération complète, quel que soit le gabarit du véhicule électrique. Ce revirement est interprété comme un signal envoyé au marché : malgré les débats sur le poids et l’empreinte environnementale des batteries, l’électrique reste un pilier de la stratégie de transition. Pour les constructeurs, cette stabilité fiscale permet de sécuriser leurs investissements et leurs plans de lancement.
Un impact direct sur les choix des automobilistes
Pour les acheteurs, cette différenciation fiscale modifie sensiblement les arbitrages. À modèle équivalent, un véhicule thermique lourd supportera désormais un coût d’accès plus élevé qu’un modèle électrique, même lorsque ce dernier affiche un prix catalogue supérieur. Le malus devient ainsi un levier indirect d’orientation de la demande.
Cette évolution pourrait accélérer un phénomène déjà observable : le recul des ventes de SUV thermiques au profit de versions hybrides ou électriques. Elle pose toutefois la question de l’accessibilité financière, notamment pour les ménages qui ne peuvent pas encore basculer vers l’électrique, en raison du prix d’achat, de l’autonomie ou des contraintes de recharge.
Une stratégie fiscale assumée mais progressive
En concentrant l’effort fiscal sur les véhicules thermiques, le gouvernement fait le choix d’une transition graduelle. L’objectif n’est pas de pénaliser indistinctement tous les véhicules lourds, mais de cibler en priorité les motorisations les plus émettrices, tout en évitant de freiner un marché électrique encore en phase de structuration.
Cette approche, critiquée par certains pour son manque de neutralité technologique, traduit une logique pragmatique : accompagner le changement sans provoquer de rupture brutale. Reste à savoir si cette exonération de l’électrique pourra être maintenue dans la durée, à mesure que le parc se généralise et que les enjeux budgétaires se renforcent.


