Pour la première fois en France, ce ne sont pas des revendeurs mais des utilisateurs d’un service de télévision pirate qui ont été sanctionnés. Le parquet d’Arras a identifié et condamné une vingtaine de personnes ayant souscrit illégalement à Ligue 1+, la chaîne de la Ligue de football professionnel diffusant les matchs du championnat.
La LFP et LFP Media ont annoncé la nouvelle dans un communiqué publié le mercredi 18 mars 2026.
Les personnes épinglées ont écopé d’amendes comprises entre 300 et 400 euros chacune, dans le cadre d’une composition pénale, c’est-à-dire une mesure alternative aux poursuites. Selon RMC Sport, elles ont toutes reconnu les faits, ce qui a pesé dans la modération des sanctions. Elles avaient été identifiées à partir de deux revendeurs d’abonnements pirates, arrêtés dans la même affaire et dont le jugement est attendu en avril.
Le cadre légal est pourtant bien plus sévère que ces montants ne le suggèrent. En droit français, s’abonner à un service IPTV illégal est qualifié de recel de contrefaçon, un délit passible de cinq ans de prison et de 375 000 euros d’amende. Les sanctions prononcées ici reposent sur l’article 79-4 de la loi de 1986, dont la peine maximale est fixée à 7 500 euros.
Les abonnés dans le viseur, une rupture avec la pratique habituelle
Jusqu’ici, les autorités concentraient leurs efforts sur les fournisseurs et revendeurs de flux pirates, laissant les utilisateurs finaux en dehors du champ judiciaire. Ce dossier change la donne : les acheteurs eux-mêmes sont désormais exposés à des poursuites pénales, même si les sanctions restent, en pratique, bien en deçà des maximums légaux.
L’ampleur du phénomène rend toute répression exhaustive illusoire. Selon L’Équipe, près de huit millions de boîtiers IPTV illégaux circuleraient en France. Les autorités semblent miser sur l’effet dissuasif d’un petit nombre de condamnations plutôt que sur une répression systématique.
Dans leur communiqué, la LFP et LFP Media qualifient ces sanctions de signal fort adressé aux utilisateurs de services de piratage, qui pensent à tort agir en toute impunité alors qu’ils contribuent en connaissance de cause à un écosystème mafieux portant gravement atteinte à l’ensemble du secteur sportif. La déclaration annonce également que LFP Media entend intensifier sa mobilisation contre ce fléau à l’approche d’une étape importante pour la chaîne.
Cette étape, c’est la prochaine saison : Ligue 1+ diffusera l’intégralité des rencontres de Ligue 1 en exclusivité, beIN Sports cessant de proposer son affiche du samedi après-midi. Le prix de l’abonnement mensuel avec engagement pourrait passer de 14,99 € à 19,99 €, selon les informations disponibles.
Sur le front technique, un dispositif de blocage en temps réel des adresses IP des diffusions pirates est désormais actif en France. Mis en place avec la Fédération française de tennis, les fournisseurs d’accès à internet et l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), il a été testé lors de Roland-Garros puis déployé pendant la Coupe du monde de football.







