L’État français, soucieux de mieux gérer ses dépenses, s’attaque au montant élevé des arrêts maladie. Les dépenses ont dépassé les 12,1 milliards d’euros l’an dernier, et les autorités cherchent des pistes pour freiner cette hausse. Ce dossier de réduction des coûts n’est pas neuf, mais l’urgence à agir se fait sentir, d’où l’exploration de mesures visant à alléger la charge de la Sécurité sociale.
Un plan d’économies en préparation
Sous la houlette de Sébastien Lecornu, les ministres concernés se sont réunis depuis le début de mars pour élaborer un plan d’économies ambitieux, rapporte Capital. Aux discussions ont participé Stéphanie Rist, ministre de la Santé, David Amiel, ministre des Comptes publics, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, et Sébastien Martin, ministre de l’Industrie. Chacun doit réfléchir à des pistes susceptibles d’influer sur le coût des arrêts maladie. L’objectif officiel : proposer des mesures concrètes favorisant un retour plus rapide des salariés à leur poste.
Parmi les mesures déjà mises en place, le renforcement des contrôles sur les arrêts maladie a été instauré. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 prévoit aussi des dispositions structurantes comme la limitation de la durée des arrêts à un mois, avec un renouvellement possible pour seulement deux mois maximum. Ces règles s’appliquent aussi bien aux arrêts prescrits par des médecins de ville qu’à ceux émis par les hôpitaux.
Ce qui est envisagé et les questions soulevées
Au cœur des nouvelles pistes figure la rationalisation des arrêts de longue durée. Le gouvernement envisage de renforcer le mi-temps thérapeutique, qui permet un retour progressif des salariés. Par ailleurs, la réduction du plafond des indemnités journalières, qui passerait de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC dès le 1er avril 2025, est à l’étude. Une autre piste évoquée est l’augmentation du temps de carence, idée déjà portée par François Bayrou sans succès par le passé.
Le projet suscite cependant des inquiétudes chez les syndicats et les associations de patients, qui, pour l’instant, sont exclus des discussions en cours. Cette exclusion risque de provoquer des tensions, d’autant que la suspension des indemnités journalières nécessite un contrôle strict par un médecin-conseil de la Sécurité sociale. Ce point est revenu sur le devant de la scène après la censure, en décembre 2023, d’une tentative de suppression du contrôle médical préalable par la CPAM.




