Médecins spécialistes : forte hausse des consultations dès janvier 2026

À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, consulter un dermatologue, un pédiatre ou encore un psychiatre coûtera plus cher. En cause : l’entrée en vigueur d’une série de revalorisations tarifaires prévues par la convention médicale 2024‑2029. Si ces hausses restent modérées, elles marquent un tournant significatif dans la politique de soutien à certaines spécialités clés de la médecine libérale.

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Médecins spécialistes : forte hausse des consultations dès janvier 2026 | journaldeleconomie.fr

La consultation chez plusieurs spécialistes médicaux sera plus onéreuse dès le 1ᵉʳ janvier 2026, conformément à une clause de la convention médicale signée en 2024 entre les syndicats de médecins libéraux et l’Assurance Maladie. Repoussée de six mois en raison de tensions budgétaires, cette hausse tarifaire s’inscrit dans une stratégie de revalorisation ciblée de certaines disciplines médicales. L’objectif ? Soutenir les praticiens exerçant sans dépassement d’honoraires dans des domaines jugés prioritaires : pédiatrie, psychiatrie, gynécologie, dermatologie et gériatrie. Décryptage de ces changements tarifaires qui concernent directement des millions de patients.

Une hausse centrée sur les spécialités de proximité

La consultation d’un pédiatre pour les examens obligatoires jusqu’à l’âge de deux ans passera de 45 à 50 €, soit une augmentation de 11 %. Cette revalorisation figure parmi les plus significatives du nouveau dispositif. Elle vise à mieux rémunérer le temps médical consacré aux jeunes enfants, une population particulièrement suivie en ville. La gynécologie est également concernée : la consultation coordonnée passera de 37 à 40 €, une mesure destinée à favoriser le suivi des femmes tout au long de leur vie reproductive, selon l’Assurance Maladie.

Les psychiatres, eux, verront la majoration enfant grimper de 12 à 18 €, une hausse de 50 %. Cette revalorisation vise à encourager la prise en charge précoce des troubles psychiques chez les plus jeunes, un enjeu de santé publique reconnu. Comme l’explique l’agence AFP, « un certain nombre de médecins spécialistes vont voir les tarifs de leurs consultations augmenter de quelques euros à partir du 1ᵉʳ janvier ». Ce ciblage reflète une volonté affirmée de soutenir les praticiens de proximité qui exercent dans des conditions exigeantes.

Une stratégie budgétaire pilotée malgré les contraintes

Initialement prévue pour le 1ᵉʳ juillet 2025, la hausse des consultations a été repoussée de six mois en raison de la situation financière tendue de l’Assurance maladie. L’organisme a préféré temporiser pour éviter d’aggraver le déficit de ses comptes, déjà mis à mal par les dépenses post-crise sanitaire. Toutefois, malgré ce report, 340 millions d’euros ont été débloqués pour financer les revalorisations en 2026, comme le confirme l’Assurance Maladie.

Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre plus large de la convention médicale 2024‑2029, censée refonder la relation entre la Sécurité sociale et les médecins libéraux. Elle prévoit des consultations mieux rémunérées pour les spécialités sous tension, mais aussi l’introduction de nouveaux actes. Parmi eux, la fameuse consultation longue, facturée 60 € une fois par an pour les patients de plus de 80 ans. Une façon d’encourager le suivi coordonné des personnes âgées, souvent atteintes de pathologies multiples. Cette mesure, inédite, pourrait remodeler les pratiques de la médecine générale en profondeur.

Des hausses qui restent mesurées mais symboliques

D’autres spécialités médicales bénéficient également de cette revalorisation tarifaire. La consultation de référence chez un neurologue passera de 50 à 52 €, une hausse modeste mais significative pour une discipline confrontée à une forte demande. En dermatologie, un examen spécifique de dépistage atteindra désormais 60 €, soit une majoration de 4 €. Ces évolutions témoignent d’un recentrage sur les consultations techniques à forte valeur ajoutée, jugées cruciales pour la prévention ou le diagnostic précoce.

Comme le précise la Sécurité sociale, « les revalorisations prévues en 2026 sont centrées sur les spécialités qui suivent les enfants, les jeunes, les femmes ou les personnes âgées ». Ce ciblage répond à une logique de santé publique et à des impératifs démographiques : vieillissement de la population, tensions sur la pédiatrie, ou encore hausse des troubles psychiques chez les adolescents. La convention mise ainsi sur des incitations financières pour rééquilibrer l’offre de soins.

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