Peu connu du grand public, le GIR revient en force face au narcotrafic en Bretagne

Saviez-vous que le trafic de drogue rapporte plus de 7 milliards d’euros par an ?

Publié le
Lecture : 2 min
Peu connu du grand public, le GIR revient en force face au narcotrafic en Bretagne
Peu connu du grand public, le GIR revient en force face au narcotrafic en Bretagne | journaldeleconomie.fr

Alors que le trafic de drogue génère plus de 7 milliards d’euros par an selon les estimations, le Groupe interministériel de recherche, ou GIR, joue un rôle discret mais déterminant dans la lutte contre le crime organisé en France. Peu connu du grand public, ce service fonctionne comme un « sous-marin » sous l’égide du ministère de l’Intérieur pour traquer les économies souterraines. Les actions du GIR visent à démanteler les réseaux criminels en s’attaquant à leurs ressources financières et à tarir leurs flux illicites.

Les GIR : comment c’est organisé

Le GIR rassemble différents professionnels : policiers, gendarmes, agents des douanes, services des impôts et inspection du travail. Ensemble, ils traquent les flux financiers suspects, saisissent, gèlent et reversent les avoirs aux caisses de l’État. On compte aujourd’hui 41 unités de GIR réparties sur tout le territoire français, y compris en Outre-mer. Avec une équipe de 440 agents, ces groupes existent depuis 2002, soit 24 ans de service.

L’action du GIR se concentre sur l’aspect économique des infractions, résumé par le préfet Franck Robine dans sa formule visant à « faire perdre de l’argent aux voyous ». Les cibles sont le blanchiment d’argent, le narcotrafic, le travail illégal et les fraudes aux financements publics. Concrètement, les GIR saisissent des comptes bancaires, même ceux libellés au nom d’enfants, des biens immobiliers, des véhicules et parfois même de l’argent caché « sous les matelas ».

Des résultats financiers qui parlent

En 2025, les GIR ont saisi 323 millions d’euros auprès de délinquants, contribuant ainsi à la lutte contre les trafics et fraudes, rapporte le 20 Minutes. La même année, 1,44 milliard d’euros représente la somme totale des saisies d’avoirs criminels au niveau national. À Rennes, le GIR note que un quart des dossiers traités concerne le narcotrafic, un autre quart le travail illégal, et un autre encore le blanchiment d’argent.

Des exemples concrets montrent l’efficacité des interventions : à Rennes, un réseau de trafic de stupéfiants a été démantelé dans le quartier de Maurepas. Le propriétaire d’un kebab, impliqué dans le réseau, recevait du cash issu du trafic de drogue et employait des personnes au moyen de salaires fictifs, ce qui a entraîné la fermeture de l’établissement.

La loi qui facilite les saisies et l’intensification des actions

L’adoption d’une nouvelle loi contre le narcotrafic « l’été dernier » vise à faciliter la confiscation des avoirs criminels. En 2025, environ 30 personnes ont été écrouées et 15 individus interpellés dans le cadre de l’opération Espagne-Morbihan. Ces opérations répondent à une instruction ministérielle visant à relancer les GIR, parfois laissés « en veille », pour mieux assécher les réseaux de blanchiment, selon le Colonel Philippe Crolle, coordinateur national des GIR.

Laisser un commentaire

Share to...