Stretchflation : comment les prix augmentent sans que l’on s’en rende compte

Paquets plus grands, promesses flatteuses, slogans rassurants : la stretchflation s’invite dans les rayons et brouille la lecture des prix. Cette stratégie marketing, désormais documentée par Foodwatch, renchérit la consommation quotidienne tout en donnant l’illusion d’un bon plan.

Publié le
Lecture : 2 min
« Plus rapide, moins cher » : la nouvelle obsession des Français qui change la donne dans les supermarchés
Stretchflation : comment les prix augmentent sans que l’on s’en rende compte | journaldeleconomie.fr

La stretchflation s’impose dans le débat sur les prix des produits alimentaires en France. Après la shrinkflation et la cheapflation, cette pratique consiste à augmenter légèrement la quantité d’un produit tout en appliquant une hausse bien plus marquée du prix au kilo. Résultat : des ménages persuadés d’en avoir pour leur argent, alors que leur budget se tend un peu plus à chaque passage en caisse.

La stretchflation : quand le marketing masque la hausse des prix

Derrière le mot stretchflation se cache une mécanique redoutablement efficace. Le paquet s’agrandit, parfois de quelques grammes seulement, mais le prix augmente davantage que la quantité. À l’œil nu, le consommateur perçoit un gain. En réalité, le prix au kilo progresse fortement. Selon Foodwatch, dont les données ont été relayées par TF1 Info, les hausses de quantité observées vont de 2,7 % à 15 %, tandis que les prix au kilo augmentent de 17 % à 27 % sur les références étudiées. L’écart est significatif et rarement perçu lors de l’achat.

Cette stratégie repose sur des techniques marketing bien connues. Les industriels multiplient les mentions valorisantes, comme « nouveau format » ou « plus généreux ». Ces messages déclenchent un réflexe positif, presque automatique. Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch, explique que « ces mentions nous font penser qu’il y a un avantage à acheter le produit, alors que le prix au kilo augmente beaucoup plus ». Le message visuel prend le pas sur l’information chiffrée, souvent reléguée en bas d’étiquette. La stretchflation exploite ainsi une zone grise de l’information au consommateur, sans enfreindre la loi.

Des exemples concrets qui pèsent sur la consommation des ménages

Les cas documentés illustrent l’ampleur du phénomène. Les gnocchis extra-fromage Lustucru, par exemple, sont passés de 285 grammes à 300 grammes, soit +5,3 %. Dans le même temps, leur prix au kilo a augmenté de 6,79 euros à 8,07 euros, ce qui représente +18,9 %, inflation comprise, selon TF1 Info. Le produit est légèrement plus gros, mais nettement plus cher.

Même logique pour les biscuits Mikado. Leur paquet est passé de 90 grammes à 100 grammes, soit +11,1 %, tandis que le prix au kilo est passé de 14,30 euros à 16,90 euros, soit +18,18 %, toujours selon les données Foodwatch. Les cornichons aigre-doux Kühne offrent un exemple encore plus parlant. Leur format n’a augmenté que de 2,7 %, de 185 grammes à 190 grammes, alors que le prix au kilo a bondi de 11,32 euros à 14,48 euros, soit +27,92 %. Pour les ménages, ces écarts répétés alourdissent la facture finale sans que cela soit immédiatement visible.

Comment repérer la stretchflation et limiter l’impact sur les prix ?

Face à la stretchflation, la première défense reste la lecture attentive du prix au kilo. C’est l’indicateur le plus fiable pour comparer deux produits, quel que soit le paquet ou le discours marketing. Pourtant, cet affichage reste souvent discret. Foodwatch insiste sur ce point et estime que la pratique « n’est pas illégale, mais clairement abusive », selon une déclaration d’Audrey Morice rapportée par Le Point. L’association dénonce un marketing qui joue sur la perception plutôt que sur l’information claire.

Pour les ménages, adopter une approche plus rationnelle devient indispensable. Comparer les prix unitaires, changer de marque, voire renoncer à certains formats prétendument avantageux permet de contenir la hausse du budget.

Laisser un commentaire

Share to...