La révision des honoraires de location, prévue pour le 1er janvier 2026, représente une étape importante après plus de dix ans de stabilité. Longtemps demandée par les agents immobiliers, cette mesure intervient dans une période économique tendue et vise à ajuster les plafonds des frais d’agence à la charge des locataires. Ce changement revêt une actualité particulière dans un marché où les plafonds n’ont pas été modifiés depuis 2014, fixés par la loi Alur.
Où en est-on ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Alur en 2014, les plafonds des honoraires n’ont pas évolué. Aujourd’hui, pour la rédaction du bail, la constitution des dossiers et l’organisation des visites, les frais d’agence sont limités entre 8 euros et 12 euros par mètre carré, selon que l’on se trouve ou non en zone tendue. Pour l’état des lieux, le tarif est plafonné à 3 euros le mètre carré. Cette immobilité tarifaire a conduit les professionnels à réclamer une mise à jour.
La revalorisation sera basée sur l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL) mesurée entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. Cet indice, qui suit l’évolution des prix à la consommation, avait progressé de 1,04 % au deuxième trimestre sur une année. Même si un mécanisme de révision annuelle était prévu par la loi Alur, aucun arrêté ministériel n’a été publié depuis 2014 pour le déclencher.
Retombées économiques et horizons à venir
Ces dernières années, le secteur immobilier a été secoué par une baisse de 34 % du nombre de transactions en deux ans, ainsi qu’une hausse spectaculaire de 122 % des défaillances d’agences. Les taux d’emprunt élevés rendent la recherche de logement encore plus compliquée pour les locataires, qui doivent aussi faire face à des mesures comme la saisie sur salaire. Dans cette situation, la revalorisation des honoraires est vue comme une bouffée d’oxygène pour redynamiser le secteur. Toutefois, les acteurs du domaine souhaiteraient que la révision des plafonds devienne automatique chaque année. En ce sens, les trois principaux syndicats d’agents immobiliers — Fnaim, Unis et SNPI — ont même pourvu de recours devant le Conseil d’État pour obtenir ce changement, recours qui a été rejeté en décembre 2024.
Alain Duffoux insiste : « Il faut changer la loi pour rendre automatique la révision annuelle des plafonds d’honoraires. Or, le gouvernement est plutôt frileux sur ce sujet. »
Quelles réactions chez les locataires et les contraintes côté bailleurs ?
Les locataires pourraient mal voir cette révision, surtout avec la hausse prévue des loyers et la forte pression sur le marché locatif. De leur côté, les agences immobilières pourraient être tentées d’augmenter leurs honoraires pour les propriétaires afin de compenser leurs pertes.
Les bailleurs, quant à eux, doivent déjà composer avec plusieurs exigences comme l’encadrement des loyers, l’obligation de réaliser des travaux énergétiques pour les logements énergivores et la hausse de la taxe foncière. Danielle Dubrac, présidente de l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis), rappelle à la rédaction de Challenges : « Encadrement des loyers, obligation de réaliser des travaux énergétiques pour les passoires thermiques, hausse de la taxe foncière… Les bailleurs supportent déjà beaucoup de contraintes. »




