Le 13 octobre 2025, une Xiaomi SU7 Ultra s’est embrasée après un accident à Chengdu, coûtant la vie à son conducteur. L’incident, d’apparence isolée, a provoqué une onde de choc bien au-delà des routes chinoises : en quelques heures, l’action Xiaomi a perdu près de 9 % à Hong Kong. Les investisseurs redoutent désormais que ce drame ne révèle des failles structurelles dans la sécurité de la voiture électrique la plus médiatisée de l’année.
La tragédie de Chengdu : une SU7 en flammes, un conducteur piégé
Selon les informations de CarNewsChina, l’accident s’est produit peu après 3 h 16 du matin sur Tianfu Avenue, une artère rapide de Chengdu. Le véhicule, un modèle SU7 Ultra, a percuté un autre automobiliste avant de traverser le terre-plein central et de s’embraser. Le conducteur, un homme de 31 ans identifié comme Deng, est mort sur place.
Les passants ont tenté d’ouvrir les portières sans succès. « Les vitres n’ont pas cédé malgré les coups », rapporte CarNewsChina, et « les portières seraient restées bloquées, empêchant toute intervention ». Cette défaillance met en cause le système électronique de verrouillage, une technologie censée allier confort et aérodynamisme, mais qui se révèle parfois fatale en cas de coupure électrique. L’enquête policière évoque un excès de vitesse, mais les autorités n’écartent pas un dysfonctionnement lié aux composants de commande.
Xiaomi : une sécurité électronique controversée
Ce n’est pas la première fois qu’une voiture électrique Xiaomi est impliquée dans un drame. Le 29 mars 2025, une SU7 standard avait pris feu après un choc à 116 km/h, causant trois morts, rappelle Reuters. Là encore, les secours avaient signalé des difficultés à ouvrir les portières. Ces précédents ravivent les inquiétudes quant à la conception du système de fermeture.
L’accident de Chengdu intervient de plus moins d’un mois après que Xiaomi a annoncé un rappel logiciel de 116 887 voitures pour corriger des « insuffisances de détection » dans son mode d’assistance à la conduite, rappelle Reuters. Le correctif, déployé à distance, visait notamment à améliorer la réactivité du système NOA (Navigate on Autopilot). En réponse à la montée des inquiétudes, le ministère chinois de l’Industrie a soumis en septembre de nouvelles règles de sécurité pour les systèmes d’assistance : en cas d’absence de réaction du conducteur, le véhicule devra s’immobiliser automatiquement. Les experts estiment que la fiabilité logicielle et la sécurité passive des modèles Xiaomi pourraient désormais être examinées par les régulateurs.
Xiaomi sanctionnée en Bourse : la confiance des investisseurs vacille
À peine les images de l’incendie diffusées, la réaction des marchés a été immédiate. L’action Xiaomi, cotée à Hong Kong, a dévissé de –8,7 % en séance, avant de clôturer à –9 %, selon Electric-Vehicles.com. La capitalisation du groupe a ainsi perdu près de 5,6 milliards de dollars en quelques heures. Ce mouvement brutal s’explique par une double crainte : celle d’un impact réputationnel durable sur la marque, et celle d’un rappel matériel coûteux.
L’événement survient dans un contexte boursier déjà volatil. Le titre Xiaomi avait progressé de plus de 40 % depuis janvier 2025, porté par le succès initial de la SU7. Mais la confiance du marché s’effrite. D’après Borsa Italiana, les volumes d’échange du 14 octobre ont doublé par rapport à la moyenne hebdomadaire, signe d’un mouvement de panique. Certains analystes de Hong Kong anticipent désormais une baisse de 15 à 20 % de la valorisation de la filiale automobile si la marque ne parvient pas à prouver la sécurité de ses modèles.
Pour l’heure, Xiaomi Auto se limite à une communication prudente. Le constructeur dit « coopérer pleinement avec la police de Chengdu » et exprime « ses condoléances à la famille ». Aucun rappel supplémentaire n’a été annoncé.



