Le paysage commercial nord-américain est secoué par une nouvelle série de tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada. Le 24 janvier, le président américain, Donald Trump, a exprimé son mécontentement de façon véhémente via Truth Social. Selon franceinfo, il menace d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % si le Canada, sous la direction de son Premier ministre, Mark Carney, poursuit ses efforts pour finaliser un accord commercial avec la Chine. Cette menace fait suite à une annonce préliminaire effectuée à Pékin, où Carney a rencontré le président chinois Xi Jinping.
Pourquoi Trump brandit la menace
Donald Trump, fervent défenseur d’une stratégie protectionniste, voit dans les efforts du Canada pour renforcer ses liens avec la Chine une menace directe pour les États-Unis. Selon lui, un accord futur pourrait transformer le Canada en un « port de dépôt », facilitant l’entrée de biens chinois sur le sol américain sans contrôles rigoureux. Il affirme avec insistance que « la Chine va manger le Canada tout cru, complètement le dévorer, y compris en détruisant leurs entreprises, leur tissu social, et leur mode de vie général ».
La menace de Trump réagit directement aux annonces faites par Mark Carney lors d’une visite à Pékin à la mi-janvier. Le Premier ministre canadien a évoqué l’existence d’un accord commercial préliminaire avec la Chine permettant l’entrée de 49 000 véhicules électriques chinois en application de droits de douane préférentiels de 6,1 %. Il a décrit cette mesure comme « un retour aux niveaux qui existaient avant les récentes frictions commerciales », ajoutant que c’est « un retour dans le cadre d’un accord bien plus prometteur pour les Canadiens ».
État des lieux économique et diplomatique
L’annonce de Mark Carney intervient alors que les relations sino-canadiennes sont extrêmement tendues. En 2018, l’arrestation d’une responsable de Huawei au Canada à la demande des États-Unis avait déjà considérablement détérioré ces relations. En réponse, la Chine avait emprisonné deux ressortissants canadiens, exacerbant les tensions. Par ailleurs, depuis l’été 2024, les affrontements entre Ottawa et Pékin se sont étendus au commerce, touchant différents secteurs économiques, notamment avec l’imposition de taxes sur l’acier chinois et des ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens comme le canola.
La visite de Carney à Pékin était la première d’un chef de gouvernement canadien en huit ans, ce qui souligne l’importance stratégique de cet éventuel rapprochement. Par ses annonces, Mark Carney cherche à apaiser le climat commercial tendu tout en ouvrant de nouvelles opportunités pour le Canada sur le marché chinois.





