Repreneur interne versus repreneur externe
Le passage à l’acte va dépendre d’événements qui se produisent à un moment donné. Par exemple, la reprise d’entreprise peut s’opérer à plusieurs moments de la vie d’une organisation : lors d’un redressement judiciaire, dans le cas d’un départ à la retraite, d’une succession, d’un décès (fondateur) ou à l’occasion d’une décision de désengagement d’un actionnaire ou d’un dirigeant. Le fait déclencheur de la reprise va alors entrer en résonance avec les antécédents de l’entrepreneur (histoire personnelle, croyances, valeurs…) et ses motivations profondes (quête de sens, ambition, aspirations…), pour que puisse s’opérer la décision de reprise.
Le cas du repreneur interne
Depuis quelques années, on assiste à un certain rajeunissement des repreneurs internes, puisque la grande majorité d’entre eux a moins de 35 ans. Les repreneurs internes interrogés ont généralement un niveau de formation inférieur ou égal au baccalauréat. Ils ont quitté leurs études souvent très tôt, aspirés par l’entreprise familiale, avec une éducation essentiellement orientée vers la gestion de l’entreprise familiale. La majorité des reprises concerne les fils (ou filles) de la famille, même si les enfants directement concernés, par la reprise sont de moins en moins les repreneurs, notamment dans certains secteurs traditionnels, où les perspectives de croissance sont faibles. On observe également la présence active de certains salariés des entreprises concernées (en particulier dans l’artisanat), qui peuvent trouver, dans la reprise de leur entreprise, un moyen d’accéder à une valorisation sociale. Certaines dispositions de la loi sur l’initiative économique sont d’ailleurs propices à favoriser la reprise de certaines sociétés par les salariés.
Le défi du repreneur interne, consiste généralement à consolider les équipes en place, renouveler le management, trouver de nouveaux marchés et surtout moderniser l’image de la société, tout en gardant son caractère authentique et spécifique.
Les repreneurs externes
En matière de reprise d’entreprise, le fait à la fois de racheter une société existante et de diriger un groupe social déjà constitué demande des motivations personnelles qui vont au delà de la gestion de l’intérêt financier ou de la saisie d’opportunités: volonté de s’engager dans un projet collectif, besoin d’une forme d’indépendance, contrôle de sa destinée (locus of control), besoin de se réaliser…Naturellement, il existe aussi des raisons économiques qui peuvent conduire l’individu à recourir à ce type de transactions. Il peut s’agir de reprendre une entité économique, dans le but de la faire fonctionner en vue d’en dégager des revenus réguliers et de valoriser son capital financier. L’acquisition de ressources spécifiques joue également un rôle important dans la croissance externe des entreprises. Il est en effet parfois nécessaire pour un décideur de disposer rapidement de ressources spécifiques (compétences ou actifs), lui permettant de se doter d’un avantage distinctif. L’un des buts de la reprise d’entreprise peut aussi consister à prendre position sur des marchés nouveaux et porteurs ou d’étendre ses activités à de nouveaux domaines.
Chez les repreneurs externes, il y a donc en termes de motivations, une envie de changer d’univers, de se retrouver « intérieurement », en exploitant d’autres aspects de sa personnalité (vision stratégique, ambition managériale, légitimité charismatique, intelligence relationnelle…). Reprendre une entreprise est donc un défi avec soi-même, une remise en question, où le repreneur a l’impression de franchir une nouvelle étape dans son développement personnel et professionnel. Le souhait d’être libre, de diriger sa vie constituent par conséquent des éléments moteurs de son engagement, au même titre que l’envie de passer à autre chose, de se redécouvrir, de tisser de nouveaux liens. Cette démarche peut également être un substitut à la création d’une entreprise et revêtir un caractère stratégique, en cherchant à disposer à court terme d’une structure existante, stable et rentable.
Les cadres d’entreprise ou techniciens qualifiés sont souvent intéressés par la fonction de management, au sein d’entreprises généralement de 10 à 20 salariés et plus, pour des raisons personnelles (projet de vie) ou à la suite d’un licenciement. Pour mener à bien leur projet, ils ont souvent recours à des formations complémentaires, dans les domaines du management, de la gestion financière et du marketing. Nombre de candidats à la reprise sont, aujourd’hui titulaires de diplômes (bac à bac + 5) et ont une expérience de cadre supérieur. Contrairement aux cédants qui sont des professionnels de la branche connaissant bien le métier, les repreneurs de ces catégories d’entreprises sont plutôt des anciens gestionnaires et managers.
Conclusion
Références
Baron R. (2004), «The cognitive perspective: a valuable tool for answering entrepreneuship’s basic “why” questions», Journal of Business venturing, vol 19, n°2, p. 221-239.
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Lamarque Th. (2018), Reprendre une entreprise, Editions Maxima.
Meier O., Schier G. (2019), Fusions acquisitions, Editions Dunod. (1)
Meier O. (2018), Diagnostic stratégique, Editions Dunod. (2)
Meier O. et al. (2013), Transmission of Family Businesses in France, International Journal of Entrepreneurial Behaviour and Research, 19 (1), p.53-71.
Meier O., Schier G. (2008), Transmettre ou reprendre une entreprise, Editions Dunod.
Meier O. (2002), « Problèmes de succession dans les PME familiales : freins et résistance culturelle », Gestion 2000, n°4, juillet-août, p. 109-126.
Picard C., Thevenard-Puthod C. (2004), « La reprise de l’entreprise artisanale : spécificités du processus et conditions de sa réussite » », Revue Internationale PME, Vol 17 n°2, p. 94-121.
Picard C., Thevenard-Puthod C.(2006), « Confiance et défiance dans la reprise d’entreprises artisanales », Revue des Sciences de Gestion, n°216, p. 99-113.
Rollin M. (2017), Reprise / rachat d’entreprises, Editions Maxima.



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Un bel article avec une approche comparative entre le repreneur interne et externe. Cette analyse mériterait d’être complétée par la reprise par LES SALARIES #RES. Pourquoi transmettre une entreprise à ses salariés ?
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Les équipes et les savoir-faire restent en place. L’association des salariés au capital et le mode de gestion participatif favorisent l’implication de chacun au service de la réussite de l’entreprise. La part du résultat alloué aux réserves est un gage de sécurité financière.
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