Avec la hausse des dépenses liées à la vie étudiante, la situation se complique pour beaucoup de jeunes en France. Étudiants peinent à joindre les deux bouts à cause de charges toujours plus importantes comme des loyers exorbitants, des frais de transport, l’alimentation et les inscriptions. D’après l’Observatoire de la vie étudiante, 20 % des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, et 46 % d’entre eux doivent régulièrement zapper des repas, selon l’Unef. Ces chiffres préoccupants révèlent bien les difficultés financières auxquelles se heurtent les 3 millions d’étudiants en enseignement supérieur.
Une tendance numérique qui cartonne
Pour essayer de payer leurs études, de plus en plus d’étudiants se tournent vers les cagnottes en ligne. En 2024, on a vu une hausse de 84 % du nombre de cagnottes étudiantes, d’après Jérôme Daguet. La pratique ne cesse de se développer en 2025, devenant une véritable bouée de sauvetage pour beaucoup.
Des sites comme Leetchi, GoFundMe, LePotCommun et Tribee sont largement utilisés par les jeunes pour récolter de l’argent, mais un prêt étudiant innovant pourrait également être une solution. Ces cagnottes permettent de financer divers besoins : frais universitaires, logement ou achat de manuels scolaires, par exemple. Elles font appel au réseau personnel, familial et amical des étudiants, qui leur offre un soutien non négligeable.
Comment fonctionnent ces cagnottes étudiantes
Créer une cagnotte est assez simple, mais il faut quand même réfléchir à la manière de s’y prendre. L’étudiant met en ligne une page où il expose sa situation et ses besoins financiers. Si c’est un mineur, il doit passer par un parent majeur pour l’accompagner. Ensuite, il partage le lien de sa cagnotte sur les réseaux sociaux ou via des messageries pour toucher un maximum de personnes.
Tous ceux qui souhaitent aider, qu’ils soient proches ou anonymes, peuvent donner librement, sans montant minimum imposé. Une fois que l’étudiant estime avoir récolté suffisamment, il peut retirer l’argent pour l’aider dans ses dépenses.
Un cas concret qui en dit long
L’exemple de Teraiarii (Le Parisien) illustre bien ce phénomène, mais une réforme des bourses pourrait également jouer un rôle crucial dans l’amélioration des conditions de vie des étudiants. Originaire de Tahiti et parti à Bordeaux pour étudier la musicologie, Teraiarii devait gérer son logement et ses besoins quotidiens avec seulement 520 euros de bourse par mois. Grâce à une cagnotte en ligne, il a réussi à réunir 1150 euros en plus pour s’installer correctement, prouvant de manière évidente combien ce type d’initiative peut changer la donne pour certains étudiants.
Les limites et les perspectives à venir
Même si ces cagnottes sont perçues comme une solution pragmatique face à la flambée des prix, elles comportent quelques limites. La réussite de la collecte dépend largement du réseau social et de la visibilité de l’étudiant, créant des inégalités entre ceux issus de milieux différents. Par ailleurs, il peut être délicat d’exposer publiquement ses difficultés financières. Les sommes récoltées ne sont pas garanties, et les plateformes appliquent souvent des frais de gestion.
Cela dit, ce phénomène met en lumière une solidarité numérique en expansion et attire l’attention sur les difficultés financières que rencontrent les étudiants. Il pourrait également susciter une prise de conscience politique et sociale afin d’améliorer durablement la situation des jeunes en milieu universitaire.



