Retour de l’impôt sur la fortune : Flatter les bas instincts

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Aux Etats Unis on célèbre la réussite, en France on la sanctionne | journaldeleconomie.fr

Rien ne dit mieux la singularité française que cette étrange émotion qui saisit certains lorsqu’ils croisent une Porsche ou une Ferrari : un mélange d’envie, de dépit et de rage froide. Comme si la réussite d’autrui constituait une offense personnelle. Là où d’autres nations voient dans la réussite un horizon, la France y perçoit une provocation. Cette différence de regard explique sans doute pourquoi, chez nous, la question de l’impôt sur la fortune revient sans cesse, telle une obsession morale travestie en débat économique.

La jalousie déguisée en vertu

L’impôt sur la fortune ne remplit pas les caisses de l’État ; il remplit les cœurs de ressentiment apaisé. On le maintient non pour ce qu’il rapporte, mais pour ce qu’il signifie : la promesse que nul ne doit trop réussir, que la prospérité est suspecte, et que l’égalité vaut mieux que la liberté. « Ils peuvent bien payer », dit-on avec une légèreté cruelle, sans songer que cette phrase, sous des dehors moraux, est la traduction contemporaine d’un vieux vice : la jalousie. Nietzsche parlait des bas instincts, ces pulsions qui poussent l’homme à détruire ce qu’il ne peut atteindre. La politique française en a fait une stratégie : flatter l’envie plutôt qu’élever le mérite. On se rassure en croyant punir les riches, mais on ne fait que sanctionner la réussite. Et l’on oublie que la prospérité d’un pays repose d’abord sur l’envie d’entreprendre, sur la liberté d’accumuler, sur la possibilité de transmettre. Taxer le patrimoine, c’est taxer la confiance. Et sans confiance, aucun projet collectif ne tient.

Les conséquences d’une morale tordue

Ceux qui sont visés par ces politiques ne s’en offusquent pas toujours : ils partent. Ils s’en vont là où la réussite est célébrée, où l’État ne se vit pas comme copropriétaire du fruit du travail. Ceux qui restent, souvent parce qu’ils ne peuvent pas partir pour des raisons familiales et amicales, finissent par se protéger : ils optimisent, ils dissimulent, ils cessent d’investir. Et c’est tout un pays qui se contracte dans une crispation morale. On appelle cela la justice fiscale ; c’est en réalité une vengeance symbolique. Car au fond, l’impôt sur la fortune porte en lui une idée dangereuse : celle que la propriété privée n’est plus un droit, mais une tolérance. Si posséder entraîne de devoir payer à vie pour conserver ce que l’on a déjà payé, alors la propriété n’est plus un pilier de la liberté, mais un bail révocable. C’est une collectivisation molle, souriante, déguisée en égalité.

L’admiration ou l’envie

Il y a deux façons de regarder une réussite : l’admirer ou la haïr. Aux États-Unis, on se dit « un jour, ce sera moi ». En France, on murmure « il ne le mérite pas ». L’une de ces attitudes élève, l’autre abaisse. Un pays qui admire la réussite progresse ; un pays qui la jalouse stagne. Restaurer l’impôt sur la fortune, c’est choisir la jalousie contre l’ambition, le ressentiment contre la liberté. Et l’on sait depuis longtemps qu’aucune nation ne s’est jamais enrichie en punissant ses réussites.

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