Le constat dressé par la dernière note de l’observatoire Hexagone, publiée ce mois de mai 2026, est sans appel : la France traverse une crise structurelle profonde, marquée par un dérapage historique de ses finances publiques pour des retombées économiques jugées particulièrement décevantes. En s’appuyant sur les données macroéconomiques globales et les projections de la Commission européenne à l’horizon 2027, le rapport met en lumière un effet de ciseaux délétère : une dette publique record face à une croissance et une productivité en berne.
Des comptes publics durablement ancrés dans le rouge
La trajectoire budgétaire française suscite de vives inquiétudes au sein de la zone euro. En 2025, le pays a affiché le deuxième pire déficit public de la région (5,1 % du PIB). Si une timide réduction a été observée par rapport à 2024, celle-ci ne découle que d’un accroissement massif de la pression fiscale (+58 milliards d’euros de recettes) alors que les dépenses continuaient de progresser (+41 milliards d’euros).
Le pire reste à venir : les prévisions pour 2027 anticipent que la France s’emparera de la première place du podium du plus mauvais élève de la zone euro, avec un déficit attendu à 5,7 % du PIB. Cette dérive alimente un endettement massif qui surpasse désormais les niveaux de la crise Covid. Sur la décennie 2017-2027, la France se sera endettée de plus de 20 points de PIB, là où l’Allemagne et l’Italie limitent les frais à respectivement 4 et 5 points. Une situation explosive alors que la remontée des taux d’intérêt alourdit inexorablement la charge de la dette.
Un chèque massif pour une croissance en panne
Cet interventionnisme étatique n’a pas produit le choc de prospérité espéré. Sur la période 2017-2025, la France affiche la 5e plus faible croissance économique de l’Union européenne, un rang médiocre qui devrait stagner sur l’ensemble de la décennie. De fait, la richesse créée par habitant (en parité de pouvoir d’achat) continue de décrocher face à la moyenne européenne.
Sur le front de l’emploi, si le gouvernement affiche fièrement 2,6 millions de créations de postes depuis 2017, le rapport tempère ce succès. La hausse globale de la population active en emploi (+9 %) se situe tout juste dans la moyenne de la zone euro, maintenant le taux de chômage national parmi les plus élevés du continent.
Le fléau d’une productivité en berne
La véritable fragilité française réside dans la nature même de ces emplois. Près de 25 % des postes créés sont des contrats d’apprentissage (fortement subventionnés) et 25 % des non-salariés (micro-entrepreneurs), complétés par 8 % d’agents de la fonction publique.
Ce profil d’emplois pèse sur la productivité horaire, qui subit une quasi-stagnation (+0,9 % attendu sur dix ans). La France s’illustre ainsi comme l’un des rares pays européens où la richesse produite par heure travaillée a reculé entre 2017 et 2025.
Un pessimisme citoyen exacerbé
Sans surprise, cette réalité statistique fait écho à un profond ressentiment social. Le rappel des enquêtes d’opinion montre que 74 % des Français jugent négativement l’action économique d’Emmanuel Macron. Étranglés par l’inflation et lucides sur la dérive des comptes publics, plus de la moitié des citoyens (54 %) estiment désormais que la France est exposée à un risque réel de faillite. Un signal d’alarme politique majeur alors que s’ouvre l’horizon 2027.

