Stellantis fait fort en relançant la 2 CV en version électrique !

Stellantis officialise le retour de la mythique 2 CV en version 100% électrique, promettant un prix inférieur à 15 000 euros et une production dès 2028 en Italie. Cette stratégie néo-rétro vise à reconquérir le marché européen des petites voitures urbaines face à la concurrence asiatique.

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2 Cv Electrique
Stellantis fait fort en relançant la 2 CV en version électrique ! © journaldeleconomie.fr

La 2 CV renaît de ses cendres : Stellantis mise sur l’électrique populaire

Soixante-six ans après son lancement et trente-six ans après l’arrêt de sa production, la mythique 2 CV de Citroën s’apprête à retrouver les routes européennes. Stellantis vient d’officialiser la résurrection de la légendaire « Deudeuche » dans une version résolument moderne : 100 % électrique et vendue à moins de 15 000 euros. Cette décision stratégique s’inscrit dans le projet « E-Car » du constructeur, qui ambitionne de reconquérir le marché européen des petites voitures urbaines face à la concurrence asiatique.

L’annonce, confirmée par France Inter et Les Échos, marque un tournant dans la stratégie de Stellantis sous la direction d’Antonio Filosa. Le groupe italo-franco-américain mise sur la nostalgie et l’accessibilité pour séduire une clientèle élargie, des collectionneurs aux ménages modestes en quête de mobilité électrique abordable.

Un cahier des charges modernisé pour l’ère électrique

La nouvelle 2 CV conservera l’esprit de son aïeule tout en s’adaptant aux enjeux contemporains. Conçue initialement dans les années 1930 sous le nom de code TPV (Toute petite voiture), la 2 CV originelle devait « transporter quatre personnes et 50 kg de bagages à 60 km/h en vitesse de pointe« , résumé par le célèbre slogan « Quatre roues sous un parapluie« .

Aujourd’hui, le défi technologique diffère radicalement. La future héritière électrique devra respecter les normes européennes de sécurité et d’émissions tout en maintenant un prix plancher de 15 000 euros. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Stellantis s’orientera vraisemblablement vers des composants chinois, notamment pour la batterie, suivant l’exemple de Renault avec sa nouvelle Twingo électrique.

Xavier Chardon, directeur général de Citroën, avait déjà évoqué fin avril cette renaissance de la 2 CV. Le constructeur s’inspire des « kei cars » japonaises, ces voitures compactes de moins de 3,40 mètres qui représentent plus du tiers du marché nippon. La Commission européenne a récemment ouvert la voie à un nouveau cadre réglementaire favorisant l’émergence de voitures électriques européennes sous la barre des 15 000 euros.

Stellantis face aux défis de la compétitivité

Pour Stellantis, la relance de la 2 CV répond à des enjeux économiques cruciaux. Le groupe, qui rassemble quatorze marques dont Fiat, Peugeot et Opel, doit composer avec l’offensive des constructeurs chinois comme Leapmotor sur le segment des véhicules électriques bon marché. Cette stratégie néo-rétro s’inspire des succès récents de Renault avec la R4, la R5 et la Twingo, ou de Fiat avec la 500 et la Panda électriques.

La production démarrera en 2028 dans l’usine italienne de Pomigliano d’Arco, site historique de la Fiat Panda. Ce choix géographique s’explique par la volonté de Stellantis de rationaliser ses coûts de production tout en s’appuyant sur l’expertise italienne en matière de petites voitures urbaines. Le groupe a d’ailleurs renforcé ses partenariats chinois, notamment avec Dongfeng, ancien allié de Peugeot et Citroën.

L’enjeu financier s’avère considérable pour Stellantis, qui mise sur ce segment pour compenser la baisse des ventes sur d’autres marchés. Selon France Inter, les designers du groupe planchent depuis plusieurs mois sur cette héritière électrique, avec le retour stratégique de Gilles Vidal au poste de directeur du design.

Une cible clientèle élargie pour maximiser les volumes

La nouvelle 2 CV électrique vise plusieurs segments de marché distincts. D’abord, les ménages modestes séduits par l’accessibilité financière et l’esprit pratique du modèle original. Ensuite, les collectionneurs et amateurs de patrimoine automobile attirés par la dimension émotionnelle de la marque. Enfin, les urbains soucieux d’écologie recherchant une mobilité électrique sans compromis budgétaire.

Cette stratégie de ciblage multiple s’inspire du succès commercial historique de la 2 CV, qui avait séduit aussi bien les agriculteurs que les intellectuels parisiens. Produite à plus de 5 millions d’exemplaires entre 1948 et 1990, la « Deudeuche » avait incarné la démocratisation de l’automobile en France d’après-guerre.

Paradoxalement, la 2 CV classique connaît actuellement un regain d’intérêt chez les collectionneurs, même si elle vient de perdre sa première place au profit de la Porsche 911 selon le baromètre 2026 de Classic Expert. Cette notoriété persistante constitue un atout marketing considérable pour Stellantis.

Des défis techniques et commerciaux à relever

Le projet E-Car de Stellantis soulève néanmoins plusieurs interrogations. La promesse d’une voiture électrique à moins de 15 000 euros implique des compromis techniques significatifs, notamment sur l’autonomie et les équipements. Les constructeurs européens peinent déjà à concurrencer les prix pratiqués par leurs homologues chinois, malgré les droits de douane récemment instaurés par l’Union européenne.

La dépendance aux composants asiatiques constitue un autre défi stratégique. Pour respecter son cahier des charges tarifaire, Stellantis devra probablement s’appuyer sur des batteries chinoises, soulevant des questions de souveraineté industrielle et de maîtrise technologique.

Les objectifs de volumes restent par ailleurs à préciser. Selon Les Échos, Antonio Filosa dévoilera jeudi prochain le plan stratégique complet du groupe, possiblement accompagné d’un prototype inspiré de la 2 CV.

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