Le samedi 8 novembre, François Gernigon, député d’Horizons pour le Maine-et-Loire, a lancé un amendement qui a passé à l’Assemblée nationale. L’idée, c’est d’instaurer une « participation minimale » pour les retraités étrangers – notamment les Américains – qui bénéficient de la carte Vitale après trois mois de résidence en France, rapporte Le Monde. Ce texte a mis le feu aux poudres parmi les partis politiques, qui s’interrogent sur la réciprocité et l’équité de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées dans notre système de santé.
Un vote marquant à l’Assemblée nationale
Le vote n’a laissé aucun doute : 176 voix pour et 79 contre. Parmi les groupes politiques présents, on retrouve Les Républicains (LR), le Rassemblement National (RN), le Mouvement Démocrate (MoDem) et Renaissance (EPR). Chaque parti a pesé dans le débat au sujet de cet amendement qui soulève des questions importantes sur la manière dont les étrangers contribuent à notre système de santé.
François Gernigon, à l’initiative de ce texte, rappelle que « c’est une dérive qui mine la confiance des citoyens dans la justice de notre système. La solidarité nationale ne peut pas être à sens unique. Quand on bénéficie de notre système de santé, le meilleur au monde, on doit aussi y contribuer. »
De quoi parle exactement l’amendement et où en est le gouvernement ?
L’amendement cible surtout les retraités américains qui possèdent un visa VLS-TS (visa de long séjour valant titre de séjour) et qui résident en France depuis plus de trois mois. Aujourd’hui, ces retraités profitent du régime général via la Protection Universelle Maladie (Puma), mise en place en 2016. La mesure intervient alors que le déficit de la Sécurité sociale est estimé à 23 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.
De son côté, la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a pris la parole en expliquant que le gouvernement envisage de revoir les conventions avec les pays du G20. « Nous avons prévu de réviser les conventions qui existent avec ces pays pour qu’il y ait cette participation. Car bien souvent la réciproque n’existe pas, » précise-t-elle.
Des témoignages qui en disent long
Claire, une Française qui a passé 25 ans aux États-Unis avant de revenir à Angers, n’y va pas par quatre chemins : « C’est vraiment écœurant alors qu’un retraité français ne serait jamais accepté aux USA. Et il pourrait encore moins rentrer dans le système de santé américain. » cite Ouest France. Son témoignage met en lumière une disparité entre les systèmes sociaux des deux nations.
Quant à Barbara, originaire de l’Ohio et résidente actuelle des Yvelines depuis son installation en France en 1985, elle se souvient des galères pour s’adapter au système français. Ayant travaillé dans la finance, elle témoigne aujourd’hui de son appréciation pour les avantages du système social français malgré ces débuts difficiles.

