Le 25 janvier 2026, à l’issue de l’adoption du Budget 2026, le gouverneur de la Banque de France a exprimé sa position sans ambiguïté lors d’un entretien à Ouest France : il n’est pas « totalement satisfait » du texte, principalement en raison du niveau du déficit public et de ses implications pour l’économie française dans les années à venir. Ce décryptage explore les éléments clés de ses critiques et les enjeux économiques qu’ils soulèvent.
Des critiques ciblées sur le déficit public et la dette
François Villeroy de Galhau a concentré une part importante de ses réserves sur le niveau du déficit public qui sous-tend le Budget 2026, lors de ses récentes déclarations à Ouest France. Alors que le gouvernement vise une trajectoire autour de 5 % du produit intérieur brut cette année, le gouverneur a estimé que cet objectif reste trop élevé.
Selon ses propos rapportés devant la commission des finances du Sénat, « la France se mettrait clairement dans la zone de danger si elle restait à un déficit supérieur à 5 % », renvoyant à la nécessité d’un effort budgétaire plus conséquent pour stabiliser les finances publiques.
Ce point de vue s’inscrit dans une vision plus large des risques liés à la dette publique française. D’après les projections budgétaires récentes, la dette pourrait atteindre près de 117,9 % du PIB en 2026 si aucune action n’est prise, ce qui maintient une pression élevée sur les finances de l’État.
Un effet négatif sur la croissance et la confiance
Outre le niveau du déficit, François Villeroy de Galhau a aussi souligné l’impact macroéconomique de l’incertitude budgétaire liée à l’adoption tardive du Budget 2026. Lors de son intervention sur France Inter, il a estimé que l’incertitude politique et budgétaire « coûte au moins 0,2 % de croissance au PIB français », en raison de comportements attentistes de la part des ménages et des entreprises.
Cette analyse met en lumière un dilemme majeur : si un déficit plus élevé peut tempérer des ajustements trop brutaux de la dépense, il alimente aussi une incertitude qui freine l’investissement et la consommation, deux composantes essentielles de la croissance économique.
Le gouverneur ne s’est pas contenté d’évoquer l’impact sur la croissance : il a aussi alerté sur une possible montée des coûts des crédits du fait du poids de la dette et de l’environnement budgétaire incertain, ce qui pourrait tendre les conditions financières pour les entreprises et les ménages.
Des appréciations nuancées mais réalistes
Malgré ses critiques, François Villeroy de Galhau n’a pas rejeté en bloc le Budget 2026. Il a reconnu la nécessité d’adopter un budget pour 2026 afin de rassurer les acteurs économiques et de renforcer la crédibilité des politiques publiques.
Néanmoins, sa recommandation reste claire : une réduction plus ambitieuse du déficit serait préférable pour consolider la confiance des marchés et soutenir une trajectoire durable de croissance. « J’aurais souhaité une réduction plus forte », a-t-il déclaré à ce sujet, tout en soulignant l’importance d’orienter davantage l’épargne des ménages vers des investissements productifs.
Enfin, au-delà des seuls chiffres budgétaires, il a élargi son propos au contexte international, appelant l’Europe à « se réveiller » face aux défis économiques mondiaux et à réduire sa dépendance vis-à‑vis des grandes puissances économiques comme les États‑Unis et la Chine.




