L’inflation de mai grimpe à 2,40 %, selon l’Insee. L’estimation, publiée ce vendredi 29 mai, dépasse nettement les prévisions précédentes. Avec la hausse des prix à la consommation, les conséquences pour les livrets d’épargne comme le Livret A et le LEP deviennent au cœur des inquiétudes des épargnants et des décideurs.
Une inflation plus élevée que prévu
L’Insee estime donc que l’inflation atteint 2,40 % en mai. Ce chiffre dépasse de « près d’un demi-point » les attentes formulées dans la dernière note de conjoncture de l’Insee publiée il y a deux mois, rapporte MoneyVox. La projection initiale pour l’ensemble du premier semestre évoquait une hausse annuelle de 1,60 %, contre 1,25 % envisagé avant l’aggravation du conflit au Moyen-Orient.
Cette remontée de l’inflation s’explique en grande partie par l’escalade des tensions géopolitiques, notamment la « guerre au Moyen-Orient », un conflit amplifié par les actions des États-Unis et d’Israël. Ce qui semblait temporaire continue de secouer les marchés et influence l’économie mondiale, laissant planer des doutes sur une résolution rapide et durable.
Et les livrets réglementés ?
Le Livret A, dont le taux est aujourd’hui à 1,50 %, doit être révisé le 1er août. Si l’on se base uniquement sur l’inflation constatée, ce taux pourrait être porté entre 1,70 % et 1,80 %. Le LEP, traditionnellement fixé à un point au-dessus du Livret A, pourrait alors se situer entre 2,70 % et 2,80 % à partir de la même date. Le révision du Livret A est lui aussi concerné par cette révision, sans qu’un chiffre précis ait pour l’instant été avancé.
Le calcul des livrets réglementés repose sur des variables clés : le taux d’inflation et la moyenne semestrielle du taux court interbancaire €ster, qui reste stable à 1,94 % depuis décembre. Le rôle de l’€ster et la politique de la BCE (Banque Centrale Européenne) seront déterminants pour ces ajustements.
Ce que décident les politiques et la BCE
La décision finale sur les livrets ne se limite pas à une simple formule mathématique. Le gouvernement français peut déroger au mode de calcul, ce qui fait de son accord un élément central si une hausse devait être décidée. Dans ce cadre, la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, après son entrée en fonction le lundi 2 juin, sera suivie de près.
Ce que la BCE peut faire sur les évolution du taux est aussi à surveiller, même si elle n’a pas encore touché à son taux de dépôt. Une légère baisse du taux de 0,25 point est attendue lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, prévue le jeudi 5 juin. Mais une telle hausse arrivera trop tard pour modifier la moyenne semestrielle de l’€ster, laissant donc l’inflation comme principal moteur des révisions possibles du Livret A.






