La dette publique française continue d’augmenter, d’après les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (Insee). Elle atteint désormais 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du produit intérieur brut (PIB), alerte le 20 Minutes. Ce niveau pose la question de la solidité financière du pays et de l’orientation des politiques économiques. Une dette de cette ampleur a des effets qui se répercutent sur l’ensemble des contribuables.
Une dette qui ne cesse d’augmenter
Elle a nettement progressé depuis fin 2025, quand elle s’établissait à 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB. La hausse atteint 75,6 milliards d’euros sur une courte période. Fin 2024, la dette se montait à 3 306,1 milliards d’euros, l’équivalent de 112,6 % du PIB.
Malgré une baisse passagère, la tendance reste à la hausse. Elle dépasse même le pic de la crise sanitaire de 2020, fixé à 114,9 %. Sur la durée, elle a fortement augmenté depuis 2007, où elle ne pesait que 65,5 % du PIB.
Sur la période 2019-2025, seul le déficit finlandais a augmenté davantage que celui de la France dans la zone euro. Cette trajectoire s’écarte de celle de la plupart des autres pays européens.
Où se place la France par rapport aux autres pays
Deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne, la France enregistre aussi le deuxième déficit le plus élevé de la région, à 5,1 % du PIB pour 2025, juste derrière la Belgique (5,2 %). Rapportée au PIB, sa dette publique se classe troisième, derrière la Grèce et l’Italie, parmi les champions européens de la dette.
Un rapport de la Cour des comptes souligne que le ratio de dette français est « le seul de la zone euro à avoir dépassé le pic de la crise sanitaire ». Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), juge la situation « assez délicate » et rappelle que la dette a presque doublé en points de PIB depuis 2007.
Ce que ça coûte et ce qui se prépare
La hausse de la dette pèse lourdement sur le coût de son service. Roland Lescure, ministre de l’Économie, alerte sur un « coût de la dette record », qui pourrait atteindre 100 milliards d’euros dans les années à venir.
Pour y répondre, le gouvernement envisage plusieurs mesures budgétaires, alors que l’Agence France Trésor prévoit un emprunt record pour 2026. Il a déjà présenté 6 milliards d’euros d’économies en avril et étudie d’autres coupes pour absorber les coûts liés à la situation géopolitique au Moyen-Orient.
La prochaine réunion du Comité d’alerte des finances publiques et les conclusions attendues des quatre économistes missionnés par le gouvernement devraient orienter les décisions à venir pour stabiliser les comptes publics. En juillet, la présentation des grandes lignes du budget 2026 apportera plus de clarté sur les objectifs économiques.





