Les États-Unis avaient interdit les vols supersoniques pour tuer le Concorde : 50 ans plus tard, le régulateur américain s’apprête à tout autoriser

Volez-vous à Mach 1,7 au-dessus des États-Unis sans bang sonore ? Ce n’est plus de la science-fiction. La FAA s’apprête à lever une interdiction vieille de 50 ans grâce à une technique qui change tout.

Publié le
Lecture : 2 min
Les États-Unis avaient interdit les vols supersoniques pour tuer le Concorde : 50 ans plus tard, le régulateur américain s'apprête à tout autoriser
Les États-Unis avaient interdit les vols supersoniques pour tuer le Concorde : 50 ans plus tard, le régulateur américain s’apprête à tout autoriser © journaldeleconomie.fr

Après plus d’un demi-siècle de silence forcé dans le ciel américain, les avions civils supersoniques pourraient bientôt avoir le droit de franchir le mur du son au-dessus du territoire continental des États-Unis. Le département des Transports a annoncé mardi que la FAA s’oriente vers la suppression d’une règle datant de 1973, qui interdit aux appareils civils de dépasser Mach 1 au-dessus du pays.

La raison originelle de cette interdiction était simple : le bang supersonique, cette onde de choc produite lorsqu’un appareil dépasse la vitesse du son (environ 1 240 km/h), peut causer des nuisances sonores importantes au sol et, dans certains cas, endommager des vitres. C’est cette même contrainte qui avait cantonné le Concorde, dont le dernier vol remonte au 26 novembre 2003, aux seuls aéroports de New York et Washington lors de ses liaisons avec les États-Unis.

Des avancées techniques qui changent la donne

Ce qui justifie aujourd’hui le changement de cap, c’est une technique de vol appelée Mach cutoff. En combinant la conception de l’aéronef, les conditions atmosphériques, la vitesse et l’altitude, il est désormais possible de faire en sorte que le bang supersonique se courbe vers le haut dans l’atmosphère avant d’atteindre le sol, réduisant très significativement son impact sur les populations au sol.

Bryan Bedford, administrateur de la FAA, a été direct : « Les avancées en ingénierie aérospatiale, en science des matériaux, en réduction du bruit et les nouveaux concepts opérationnels vont éliminer l’ancien bang supersonique. Cela signifie que nous pouvons finalement abroger l’interdiction des années 1970 sur les vols supersoniques au-dessus du territoire américain, tout en minimisant les nuisances sonores pour les habitants des communautés situées le long des routes et à proximité des aéroports. », cite Fox Business.

La NASA ainsi que plusieurs entreprises américaines travaillent par ailleurs sur des appareils capables de dépasser Mach 1,3 sans produire de bang audible au sol.

Un calendrier réglementaire sur deux ans

Concrètement, la FAA a proposé une norme de certification basée sur le bruit pour les aéronefs supersoniques. Une seconde règle, portant sur les normes de bruit au décollage et à l’atterrissage, doit suivre plus tard dans l’année. Les deux textes devraient être finalisés d’ici mi-2027, avec pour objectif de fournir aux constructeurs un cadre suffisamment clair pour finaliser leurs designs.

La dimension internationale n’est pas écartée : la FAA travaille avec ses homologues étrangers pour développer des cadres permettant les vols supersoniques au-delà des frontières américaines. Le président Donald Trump avait d’ailleurs signé, il y a un an, un décret demandant à la FAA de conclure des accords de sécurité aérienne avec des régulateurs étrangers à cet effet.

Sean P. Duffy, secrétaire aux Transports, a défendu la démarche en ces termes : « Grâce au leadership du président Trump, nous travaillons à une vitesse fulgurante pour permettre en toute sécurité le prochain bond quantique dans la technologie aéronautique et offrir une nouvelle façon passionnante de voler au grand public américain. »

Laisser un commentaire

Share to...