Pourquoi un salarié français moyen travaille 202 jours par an pour financer impôts et cotisations, un record dans toute l’Union européenne

En France, un salarié moyen travaille jusqu’au 22 juillet avant de gagner pour lui-même. Soit 73 jours de plus qu’au Royaume-Uni, et un pouvoir d’achat amputé de plus de 16 000 euros par an.

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Pourquoi un salarié français moyen travaille 202 jours par an pour financer impôts et cotisations, un record dans toute l'Union européenne
Pourquoi un salarié français moyen travaille 202 jours par an pour financer impôts et cotisations, un record dans toute l’Union européenne © journaldeleconomie.fr

Le 22 juillet : c’est la date à partir de laquelle un salarié français moyen cesse théoriquement de travailler pour financer ses impôts et cotisations. Soit quatre jours plus tard qu’en 2025, et plus tard que dans n’importe quel autre pays de l’Union européenne.

Cette date est calculée chaque année par l’Institut économique Molinari (IEM) en partenariat avec le cabinet EY, à partir d’un profil type identique dans les 27 États membres : salarié du secteur privé, célibataire, sans enfant, rémunéré au salaire moyen national.

Le calcul agrège l’ensemble des prélèvements pesant sur le travail, cotisations patronales et salariales, impôt sur le revenu, ainsi que la TVA, rapportés au coût total du salarié pour son employeur. En 2026, ce taux de pression sociale et fiscale atteint 55,6 %.

Les 202 premiers jours de l’année ont donc été consacrés, en théorie, à financer la puissance publique.

La France loin devant ses voisins

La moyenne européenne du jour de libération fiscale est fixée au 12 juin, soit avant la date française. Parmi les grandes économies du continent, l’Autriche et la Belgique atteignent ce seuil le 17 juillet, l’Allemagne le 14 juillet. À l’autre bout du classement, Malte et Chypre franchissent la ligne dès le mois d’avril.

L’écart le plus parlant concerne le Royaume-Uni : ses salariés sont libérés le 10 mai, soit 73 jours avant leurs homologues français. Conséquence directe sur le pouvoir d’achat réel : après déduction de l’ensemble des prélèvements, un salarié moyen en France dispose de 29 232 euros par an, contre 45 465 euros pour son homologue britannique, soit 16 233 euros de plus.

Le poids des retraites par répartition

L’IEM identifie le financement des retraites comme principal facteur d’écart. Selon ses calculs, un salarié moyen en France consacre 28 % de son salaire brut au financement des retraites. Aux Pays-Bas, où le système repose davantage sur la capitalisation, ce taux tombe à 22 %.

L’IEM estime que le moindre recours à la capitalisation représente un manque à gagner de 160 milliards d’euros par an par rapport à des pays comme le Danemark, les Pays-Bas et la Suède.

La question devrait peser sur les débats de l’élection présidentielle à venir. Et si la trajectoire actuelle des finances publiques se poursuit, selon l’IEM, le prochain budget pourrait repousser la date encore davantage en 2027.

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