Moins de 10% des Français sont capables d’expliquer clairement chacune des six notions économiques fondamentales, bien qu’ils en aient entendu parler. Ces concepts structurent pourtant les débats électoraux, les réformes sociales et nos choix de vie. Une étude IFOP commandée par l’Institut de l’Entreprise révèle que les Français obtiennent une note moyenne de 7,3 sur 20 sur des questions relatives au PIB, au déficit public, à la dette, à l’impôt sur les sociétés, au marché du travail et aux retraites. Découvrons ce que chaque citoyen devrait savoir pour comprendre l’économie qui façonne son quotidien.
Objectifs de l’étude : analyser les lacunes économiques des Français
En juin 2026, l’Institut de l’Entreprise a mené une enquête auprès de 1 000 Français pour évaluer leur compréhension de six notions économiques clés. Le résultat est frappant : en moyenne, les participants répondent correctement à seulement 2,2 questions sur 6. Bien que 76% à 84% des sondés aient entendu parler de ces notions, moins d’un Français sur dix est capable de les expliquer clairement. Pierre Robert, enseignant et auteur de Fâché comme un Français avec l’économie, exprime son inquiétude : « Pour l’enseignant que je suis, c’est une mise en cause directe de la transmission scolaire. » L’économie reste un angle mort de la culture générale française, alors que les enjeux budgétaires sont cruciaux. Des économistes prévoient un déficit public atteignant 6,8% du PIB et une dette grimpant à 130% du PIB d’ici 2030.
Une note de 7,3/20 : des lacunes inquiétantes mais surmontables
Ce constat va au-delà de l’anecdote. Une population qui ne maîtrise pas les fondamentaux économiques peine à évaluer les programmes électoraux et à comprendre les réformes. L’étude montre une polarisation croissante : 17% des Français se disent « très intéressés » par l’économie, tandis que 10% n’y portent aucun intérêt, contre 6% en 2017. L’économie devient un sujet polarisant, sans terrain intermédiaire.
Les six notions économiques clés expliquées
1. Le PIB : indicateur de la richesse nationale
Le Produit Intérieur Brut (PIB) représente la somme des richesses produites sur un territoire en un an. Il additionne la valeur des biens et services finaux créés par les entreprises, les administrations et les ménages. En 2026, le PIB de la France atteint environ 2 800 milliards d’euros. Ce chiffre permet de comparer la taille des économies et de mesurer la croissance économique. Une hausse du PIB indique une économie dynamique, tandis qu’une baisse signale une récession.
2. Le déficit public : déséquilibre budgétaire
Le déficit public se produit lorsque l’État dépense plus qu’il ne perçoit en recettes fiscales et sociales. Comme dans un budget familial où les dépenses dépassent les revenus, l’État emprunte pour combler le déficit, alimentant ainsi la dette publique. D’après l’étude IFOP, 73% des Français attribuent le déficit à une mauvaise gestion des dépenses publiques.
3. La dette publique : accumulation des déficits
La dette publique résulte de l’accumulation des déficits passés. Chaque année où l’État dépense plus qu’il ne gagne, il emprunte pour combler l’écart, augmentant ainsi la dette. En 2026, la dette française atteint 130% du PIB, soit environ 3 640 milliards d’euros. Cette dette implique des intérêts à payer, ce qui réduit les marges de manœuvre pour financer les services publics.
4. L’impôt sur les sociétés : contribution des entreprises
L’impôt sur les sociétés (IS) taxe les bénéfices des entreprises. En France, le taux est de 25% depuis 2022. Une entreprise réalisant 100 000 euros de bénéfice verse alors 25 000 euros à l’État. L’IS est une source importante de recettes publiques, bien que la TVA et les cotisations sociales rapportent davantage. Ce mécanisme est central dans les débats politiques, certains plaidant pour une baisse pour stimuler l’investissement, d’autres pour une hausse pour financer les services publics.
5. Le marché du travail : dynamique de l’emploi
Le marché du travail est le lieu virtuel où s’échangent l’offre de travail (personnes cherchant un emploi) et la demande (entreprises recrutant). Le taux de chômage mesure la part des personnes sans emploi mais cherchant activement. En 2026, il oscille autour de 7,5% en France. Une baisse du chômage tend à faire augmenter les salaires en raison de la rareté de la main-d’œuvre. L’étude IFOP montre que 50% des Français sous-estiment le coût réel pour l’employeur d’un salaire net de 2 200 euros, qui s’élève à 3 700 euros avec les cotisations sociales.
6. Les retraites : principal poste budgétaire
Les retraites constituent le premier poste de dépenses publiques en France avec 420 milliards d’euros en 2026, dépassant largement la défense, l’éducation ou la santé. Pourtant, seuls 23% des Français identifient correctement les retraites comme premier poste budgétaire. Cette méconnaissance freine le débat sur les réformes nécessaires face au vieillissement de la population. Comprendre l’importance de ce poste budgétaire aide à saisir pourquoi les gouvernements successifs cherchent à réformer le système.
Au-delà du diplôme : l’expérience comme atout
L’étude IFOP révèle que le diplôme ne garantit pas des connaissances économiques supérieures. Les titulaires d’un bac+5 ne se démarquent pas de ceux ayant un CAP ou un BEP. Cependant, le niveau de vie influence les résultats : les personnes gagnant plus de 2 262 euros par mois répondent mieux en moyenne que celles gagnant moins de 1 080 euros. Pierre Robert et l’IFOP suggèrent que l’acculturation économique se joue davantage dans la vie active que sur les bancs de l’école. Gérer un budget, négocier un salaire ou créer une entreprise sont autant d’expériences qui enseignent l’économie au-delà des cours magistraux.
Vers une meilleure littératie économique
Pour combler ce déficit de connaissances, plusieurs pistes sont envisagées. L’école pourrait inclure davantage de cas pratiques, comme la simulation d’un budget familial ou l’analyse d’un programme électoral. Les médias ont également un rôle clé dans la vulgarisation des concepts économiques. Enfin, les citoyens peuvent se former de manière autonome grâce aux nombreuses ressources pédagogiques disponibles en ligne. Une meilleure compréhension économique permettrait aux citoyens d’influencer les choix politiques, d’exiger des explications claires et de participer activement au débat démocratique. Maîtriser ces six notions est le premier pas vers une citoyenneté économique éclairée.

