Malgré l’interdiction du démarchage téléphonique entrée en vigueur le 11 août 2026, de nombreux Français continuent de recevoir plusieurs appels indésirables par jour. Vous n’êtes pas seul : des milliers de personnes ont contacté 60 Millions de consommateurs pour partager leur frustration. Catherine, par exemple, raconte être dérangée par ces appels jusqu’à quatre fois par jour. Il existe néanmoins des explications et des solutions pour s’en protéger.
Changements législatifs depuis le 11 août 2026
Le 11 août 2026 marque l’interdiction du démarchage téléphonique sans consentement préalable, remplaçant le système Bloctel qui nécessitait une inscription volontaire. Désormais, les entreprises doivent obtenir votre accord explicite avant de vous contacter, sauf si un contrat est déjà en cours. Bien qu’une diminution des appels ait été observée pendant une dizaine de jours, les appels indésirables ont rapidement repris, comme l’a constaté une enquête de 60 Millions de consommateurs le 13 septembre 2026, la mise en œuvre de la loi rencontrant plusieurs obstacles.
La réglementation impose aux professionnels de ne pas dépasser quatre appels par mois. Si une entreprise vous appelle plus de quatre fois en 30 jours, elle enfreint la loi et peut être signalée sur SignalConso, plateforme de la DGCCRF. Ces restrictions s’ajoutent à l’exigence de consentement préalable.
Les raisons de la persistance des appels
La législation prévoit des exceptions pour certains appels, comme ceux liés aux abonnements aux journaux, aux sondages, aux associations ou aux campagnes humanitaires, qui restent autorisés sans consentement préalable. Certaines entreprises exploitent ces dérogations pour contourner l’interdiction. De plus, les horaires de démarchage sont strictement encadrés, autorisant les appels uniquement du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 20h.
Un sondage de l’Arcep révèle que 67% des Français ne répondent plus aux numéros inconnus, signe de l’ampleur du problème. Les démarcheurs obtiennent les numéros par le biais de courtiers en données, et certaines entreprises étrangères contournent les sanctions en s’installant légalement en France.
Comment se protéger des appels indésirables
L’application Saracroche, utilisant une base de données de l’Arcep, bloque automatiquement les appels indésirables. Disponible gratuitement sur Android et iOS, elle offre une protection efficace. Vous pouvez aussi activer les filtres anti-spam de votre téléphone ou souscrire à des services de filtrage, dont le coût varie selon l’opérateur.
SignalConso permet de signaler les infractions, facilitant la traque des contrevenants. Bien que la DGCCRF ait infligé d’importantes amendes, son manque de moyens limite son efficacité face à la masse d’appels quotidiens.
Les limites de l’action de l’État
Les opérateurs téléphoniques fournissent des numéros sans vérifier le consentement des consommateurs, n’ayant pas d’intérêt économique à contrôler les démarcheurs. Les entreprises étrangères échappent souvent aux sanctions françaises. Pierre-Jean Verzelen s’interroge sur la capacité de l’État à appliquer la loi. En attendant un renforcement de la régulation, la vigilance et les signalements des consommateurs restent essentiels pour réduire le démarchage abusif.





