Donation : le gouvernement instaure un abattement de 150 000 euros

À partir du 1er janvier 2027, un parent peut donner 150 000 euros à son enfant sans payer d’impôts grâce à une mesure temporaire de six mois. Le gouvernement parie sur cette injection de capital pour relancer la consommation et l’investissement des jeunes générations, avec un taux unique de 6 % sur les droits de donation au lieu du barème progressif habituel.

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Donation : le gouvernement instaure un abattement de 150 000 euros
Donation : le gouvernement instaure un abattement de 150 000 euros © journaldeleconomie.fr

À compter du 1er janvier 2027, les parents peuvent offrir jusqu’à 150 000 euros à leurs enfants sans impôts, une première en France. Cette mesure temporaire, en vigueur jusqu’au 30 juin 2027, vise à stimuler la consommation et l’investissement des jeunes. Comment fonctionne ce dispositif et quel impact pourrait-il avoir en six mois ?

Le choix de l’allègement fiscal par le gouvernement

En dépit de la recherche de 43 milliards d’euros d’économies dans le budget 2027, le gouvernement décide de renoncer à certaines recettes fiscales pour faciliter les transferts de patrimoine. L’objectif est de favoriser la circulation de l’épargne vers des générations plus enclines à consommer, selon l’article 4 du projet de loi de finances 2027. En transférant un euro à un trentenaire, on génère plus d’activité économique qu’en le laissant sur le livret d’un retraité. Dans une période de croissance faible, le gouvernement choisit de dynamiser les flux plutôt que de taxer les stocks.

Le gouvernement s’appuie sur le fait que les Français héritent souvent autour de 55 à 60 ans, trop tard pour financer un premier achat immobilier ou créer une entreprise. Le Conseil des notaires estime que 6 200 milliards d’euros seront transmis d’ici 2040, mais s’ils arrivent trop tard, ils ne bénéficient pas à l’économie productive. D’où l’idée d’un dispositif fiscal incitatif temporaire pour anticiper ces transmissions.

Principaux chiffres : 150 000 euros, six mois, taux réduit

Le mécanisme repose sur deux leviers : un abattement classique de 100 000 euros pour les donations parent-enfant, et une majoration exceptionnelle de 50 000 euros pour les donations avant les 80 ans du donateur, totalisant 150 000 euros sans impôts. Un couple peut donc transmettre 300 000 euros à un enfant durant cette période. Pour un petit-enfant, le montant atteint 81 865 euros. Capital détaille ces chiffres.

Un taux unique de 6 % est appliqué sur les droits de donation, au lieu de 5 à 45 %, pour un maximum de 100 000 euros par donateur et donataire, permettant une économie d’impôts jusqu’à 4 450 euros. Cette disposition s’adresse aux bénéficiaires de moins de 50 ans et autorise une nouvelle donation même si l’abattement a été récemment utilisé, contrairement à la règle habituelle des 15 ans.

Secteurs économiques bénéficiant de l’injection de capital

Le marché immobilier résidentiel devrait être le premier bénéficiaire. Avec 150 000 euros, un trentenaire peut financer un apport de 20 % pour un bien de 750 000 euros en région parisienne ou acheter un logement en province. Un pic de transactions est anticipé au premier semestre 2027 grâce à ces apports familiaux.

L’entrepreneuriat est également visé. Un capital de 50 000 à 150 000 euros peut lancer une start-up ou racheter un fonds de commerce. Les chambres de commerce rapportent déjà une augmentation des demandes de renseignements depuis l’annonce du projet de loi. Cependant, la réforme du régime de report d’imposition pourrait compliquer certaines stratégies patrimoniales.

Une partie des fonds ira directement à la consommation courante. Les économistes estiment qu’entre 20 et 30 % des donations se transformeront en dépenses immédiates, stimulant ainsi la croissance au premier semestre 2027.

Six mois de fenêtre : urgence ou stratégie ?

La période de six mois pour maximiser les donations est jugée courte par certains fiscalistes, qui parlent d’une « prime à la précipitation ». Les familles doivent s’organiser rapidement, ce qui pourrait provoquer un embouteillage administratif début 2027. Cette brièveté vise à créer un effet d’urgence pour maximiser les transmissions sur une période concentrée.

Le gouvernement espère une augmentation de la demande au premier trimestre 2027, avec des donations supplémentaires estimées entre 5 et 10 milliards d’euros. Si 30 % de cette somme se traduit par une consommation ou un investissement immédiat, cela représente 1,5 à 3 milliards d’euros injectés dans l’économie.

Les limites de la mesure : impact à moyen terme

Le manque à gagner fiscal est estimé entre 500 millions et 1 milliard d’euros. Les retombées économiques pourraient compenser partiellement cette perte grâce à la TVA, aux droits d’enregistrement et aux cotisations sociales. Cependant, après le 30 juin 2027, les transmissions pourraient chuter si la mesure n’est pas prolongée. Si elle l’est, le coût budgétaire deviendrait insoutenable.

Le dispositif profite principalement aux familles aisées, laissant de côté les ménages modestes sans épargne à transmettre. Le projet de loi de finances 2027, déposé le 1er octobre à l’Assemblée nationale, doit encore être voté. Si l’article 4 est adopté, les notaires et conseillers patrimoniaux anticipent une période tendue début 2027. Pour les jeunes, c’est une opportunité inédite, mais pour l’économie française, un pari risqué.

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