Argent reçu à Noël : ce détail fiscal que beaucoup ignorent… et qui peut coûter cher

À partir de 2026, déclarer les cadeaux d’argent de Noël deviendra obligatoire.

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Argent reçu à Noël : ce détail fiscal que beaucoup ignorent… et qui peut coûter cher © journaldeleconomie.fr

Beaucoup de Français se demandent : faut-il déclarer aux impôts l’argent reçu à Noël ? Avec les échanges d’argent qui se multiplient sous forme de cadeaux, il est important de bien connaître les règles fiscales qui s’appliquent. Stéphanie Gaillard, porte-parole de la Chambre des notaires du Grand Paris, a donné des précisions sur le sujet lors d’un entretien avec le média Capital.

Le présent d’usage : qu’est-ce que ça veut dire ?

En France, le « présent d’usage » permet de recevoir de l’argent à Noël sans que cela soit considéré comme un don imposable, tant que les cadeaux restent raisonnables. Il n’existe cependant pas de texte légal qui définit précisément ce qu’est un présent d’usage. Comme le dit Stéphanie Gaillard : « Il n’y a pas de texte qui définit le présent d’usage. » Cela laisse donc une certaine marge — mais aussi une incertitude sur les seuils acceptables.

En pratique, recevoir des montants comme 50 €, 100 € ou même 1 000 € ne pose généralement pas de problème, sauf en cas d’abus. La tolérance fiscale pour ces dons en espèces, chèques ou virements est estimée entre 2 % et 3 % des revenus annuels du donateur, selon Stéphanie Gaillard. Ce flou pousse chacun à juger la proportionnalité des dons par rapport aux revenus.

Les cas limites et les suites judiciaires

La plupart des cadeaux d’argent à Noël sont considérés comme des présents d’usage et restent exonérés d’impôts, mais il y a des exceptions. L’« affaire Dembélé », par exemple, illustre le risque : un virement de 40 000 € effectué pour un anniversaire a été jugé non conforme. En novembre 2025, le tribunal administratif de Rennes a estimé que cette somme devait être déclarée, rejetant l’argument du présent d’usage.

Cette décision montre qu’il faut faire attention à ne pas dépasser des montants qui ne semblent plus raisonnables aux yeux du fisc, sous peine de devoir le justifier voire de subir des sanctions fiscales.

Ce qui change au 1er janvier 2026 : déclaration en ligne

Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle règle oblige les bénéficiaires de dons d’argent à les déclarer en ligne. L’objectif est d’apporter plus de transparence dans les transactions financières entre particuliers, même si un « présent d’usage » peut toujours être reçu sans imposition, la déclaration des dons devient nécessaire.

Une rubrique a d’ailleurs été ajoutée au nouvel espace personnel des impôts, accessible depuis le 15 décembre, pour faciliter la démarche. Déclarer ne veut pas automatiquement dire qu’on va payer des impôts, mais il faut respecter cette nouvelle obligation.

Plafonds et cadeaux, y compris en entreprise

Les règles de donation prévoient des plafonds et des exonérations qui s’appliquent en famille comme en entreprise. Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans imposition, avec une exonération spécifique de 31 865 € pour les dons en argent au sein de la famille. Pour un tiers, un don manuel jusqu’à 15 000 € est possible sans droits de donation, à condition de le déclarer.

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