Un forage réussi, un gisement massif, et un bon timing. La major britannique BP mise sur l’Atlantique Sud pour montrer que sa nouvelle stratégie paye. Et les marchés ne sont pas restés indifférents.
Un monstre sous l’Atlantique
Le 4 août 2025, BP a annoncé avoir découvert un nouveau gisement de pétrole et de gaz dans le bassin de Santos, à 404 kilomètres au large du Brésil. L’annonce est d’autant plus symbolique qu’il s’agit de la plus grosse découverte du groupe depuis 25 ans, dixit Gordon Birrell, vice-président exécutif, dans un communiqué : « Nous sommes ravis d’annoncer cette découverte significative ».
Ce n’est pas juste une belle promesse. Le puits, baptisé 1-BP-13-SPS, atteint 5 855 mètres de profondeur, sous une colonne d’eau de 2 372 mètres. BP évoque 500 mètres de colonne d’hydrocarbures bruts, dans un réservoir carbonaté de haute qualité de plus de 300 km². C’est gros. Et c’est entièrement sous le contrôle de BP, même si la gestion du contrat revient à l’entreprise brésilienne Pré-Sal Petróleo S.A.
L’annonce tombe quelques heures avant les résultats du deuxième trimestre 2025, qui font aussi office de résultats semestriels. Et ça tombe bien : BP affiche un bénéfice net ajusté de 2,4 milliards de dollars (soit environ 2,2 milliards d’euros), mieux que les attentes (1,8 milliard). En parallèle, l’action gagne 1,5 % à Londres, ce qui montre que le virage est bien compris.
Car oui, c’est un virage. Depuis février 2025, BP a officiellement tourné la page de la transition verte. Finis les objectifs ambitieux en matière climatique. Place au concret : le pétrole, le gaz, l’exploration, la rentabilité. Et la découverte du jour tombe à pic pour illustrer ce repositionnement. « Cette découverte en constitue une preuve concrète »,confirme l’analyste Russ Mould (AJ Bell).
Le Brésil devient central dans la stratégie de BP
La zone où a été réalisé le forage n’est pas anodine. Le bloc Bumerangue, acquis en 2022, est l’un des paris majeurs de BP dans la région. L’entreprise a d’ailleurs prévu de forer un nouveau puits en 2026, sur le bloc Tupinambá, toujours au Brésil. À côté de ça, BP multiplie les annonces : Trinidad, Égypte, Angola, Namibie, Golfe du Mexique… En tout, dix découvertes cette année, et on est début août 2025 !
Ce retour aux sources, littéralement, fait aussi partie d’une stratégie plus large. L’objectif : produire entre 2,3 et 2,5 millions de barils équivalent pétrole par jour d’ici à 2030, avec des projets déjà prévus jusqu’en 2035.
Sur le terrain, tout n’est pas encore ficelé. Les analyses préliminaires montrent des niveaux élevés de dioxyde de carbone dans les fluides. Des tests en laboratoire sont en cours pour savoir ce que ça signifie exactement, et si le réservoir est pleinement exploitable. Il faudra aussi que les autorités brésiliennes valident la suite du programme d’exploration.
Autrement dit, le potentiel est là, mais encore partiellement à confirmer. Ce qui est sûr, c’est que BP ne fait pas dans la demi-mesure. Et que ce nouveau gisement tombe au bon moment : les marchés voulaient du brut, BP leur en livre.


