Les importations de petits colis en provenance de Chine ont reculé de 30 % à 40 % dans l’Union européenne depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle taxe. Le ministère de l’Économie français a annoncé ce recul jeudi 27 août 2026, en s’appuyant sur un chiffre des douanes françaises. La mesure cible directement les plateformes asiatiques de vente en ligne, Shein, Temu et AliExpress en tête.
Depuis le 1er juillet 2026, une taxe de 3 euros s’applique à chaque catégorie de produit contenue dans les petits colis commandés sur ces sites. Selon RTBF, ce prélèvement reste temporaire : il doit disparaître avec la refonte en profondeur du système douanier européen. TF1 évoque de son côté une échéance à environ deux ans.
Dès novembre 2026, ces 3 euros seront rejoints par des frais de traitement censés financer les services douaniers. Leur montant n’est pas encore arrêté, mais pourrait atteindre 2 euros par colis.
Un marché qui pesait 5,9 milliards de colis en 2025
En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés sur le marché européen, dont 93 % en provenance de Chine. Le rythme donnait le vertige : plus de 180 colis importés chaque seconde, un volume quatre fois supérieur à celui de 2022.
Jusqu’ici, les entreprises chinoises bénéficiaient d’une exonération de droits de douane sur les colis de moins de 150 euros, un avantage qui a permis aux plateformes asiatiques de s’installer en force sur le continent. L’Union européenne soupçonne par ailleurs qu’une partie substantielle de ces produits ne soit pas conforme au droit communautaire, voire dangereuse.
L’objectif affiché par Bruxelles est de freiner cet essor. La clémence douanière accordée à ces plateformes avait suscité l’ire des autorités publiques, des associations et des parlementaires, qui dénonçaient à la fois une pollution environnementale liée aux volumes, une concurrence déloyale et des accusations de travail forcé.
Interrogé lors de l’événement de rentrée du Medef, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est félicité de ces premiers résultats. « Face à la Chine, il n’y a pas de fatalité », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Si on met en place les bonnes politiques publiques, on peut gagner, on va gagner ».
Reste que le montant définitif des frais de traitement, prévus pour novembre 2026, n’a toujours pas été fixé.




