Sous pression, Nissan engage une restructuration d’ampleur. Le constructeur automobile japonais annonce de nouvelles suppressions de postes, sur fond de pertes record et de tensions industrielles.
Nissan prévoit de supprimer 20 000 postes
Le 12 mai 2025, Nissan a officialisé une extension significative de son plan de réduction des effectifs. À la suppression de 9 000 postes annoncée en novembre 2024 s’ajoutent désormais 10 000 licenciements supplémentaires, selon les informations de la chaîne japonnaise japonaise NHK, relayées par BFMTV. Le groupe prévoit donc de supprimer entre 19 000 à 20 000 emplois au total, soit près de 15 % de sa main-d’œuvre mondiale. Ces coupes concernent principalement des sites hors du Japon. Deux usines thaïlandaises vont être fermées, et une troisième unité de production, dont la localisation reste confidentielle à ce stade, serait également ciblée.
En parallèle, Nissan abandonne un projet stratégique dans les batteries. Le site de Kitakyushu, annoncé en 2023 comme devant produire des cellules pour véhicules électriques d’ici 2026, ne verra pas le jour. Cet investissement, estimé à plus d’un milliard d’euros, est annulé dans le cadre des mesures d’économies. La direction vise une réduction de 20 % des capacités industrielles globales du groupe, en réponse à une sous-utilisation persistante liée à la baisse de la demande sur ses marchés majeurs.
Des pertes colossales
Le constructeur japonais entre dans l’exercice 2025-2026 avec des comptes lourdement dégradés. Le 13 mai 2025, Nissan doit publier ses résultats annuels pour l’exercice clos le 31 mars 2025. D’après les anticipations communiquées à la presse économique nippone, la perte nette pourrait atteindre 750 milliards de yens, soit environ 4,6 milliards d’euros. C’est l’une des pires performances financières du groupe depuis 2009. Elle reflète un effondrement des volumes en Chine — avec un recul de 27 % au premier trimestre 2025 — ainsi qu’un effet de ciseau aux États-Unis, où la rentabilité chute sous l’effet de la guerre commerciale lancée par Trump.
Sur le marché américain, 45 % des véhicules Nissan vendus sont importés d’Asie. Le relèvement des taxes décidé par l’administration américaine dans un contexte de guerre commerciale, alourdit considérablement les coûts logistiques et fiscaux de Nissan. Parallèlement, l’annulation du projet de fusion avec Honda — et tombé à l’eau en février 2025— prive Nissan d’une perspective de mutualisation industrielle qui aurait pu soutenir sa rentabilité à moyen terme.
Depuis janvier 2025, le titre Nissan a reculé de plus de 40 % à la Bourse de Tokyo. Début avril, plusieurs agences de notation ont abaissé la qualité de crédit du groupe. Le recentrage est désormais piloté par Ivan Espinosa, nommé directeur général de Nissan en février 2025.




