La question de la fiscalité aux États-Unis a pris une nouvelle tournure après l’intervention de Jeff Bezos, président exécutif d’Amazon. Dans une interview sur CNBC, Bezos a plaidé pour supprimer l’impôt fédéral sur le revenu pour la moitié inférieure des contribuables. Sa proposition relance le débat sur la progressivité du système fiscal américain et sur les moyens d’alléger la charge fiscale des revenus les plus modestes dans le cadre des réformes fiscales.
Son appel pour alléger les impôts
Lors de l’entretien mené par Andrew Ross Sorkin dans l’émission «Squawk Box», Bezos a expliqué qu’il faudrait réformer la fiscalité pour supprimer l’impôt fédéral sur le revenu des contribuables les plus bas. Selon lui, l’impôt perçu auprès de ces ménages représente une somme négligeable pour le gouvernement. Il a donné l’exemple d’une infirmière de Queens gagnant 69 000 € par an, affirmant qu’elle «ne devrait pas envoyer d’argent à Washington».
En 2023, la moitié inférieure des contribuables affichait un revenu brut ajusté moyen de 49 680 €, tandis que les ménages du top 1 % ont gagné au moins 621 920 €. Malgré cela, la moitié inférieure ne contribue qu’à hauteur de 3 % des recettes fiscales, alors que le top 1 % supporte environ 38 % du poids fiscal total, d’après la Tax Foundation sur la base des données de l’IRS.
Les chiffres et les avis qui divergent
Les propos de Bezos ont suscité des critiques. Des voix comme celle de Thomas Savidge de l’American Institute for Economic Research estiment qu’augmenter les impôts sur les très riches pourrait freiner l’épargne et l’investissement, qui financent une partie de l’économie. À l’inverse, le sénateur Cory Booker a déposé une proposition, le «Keep Your Pay Act», visant à exonérer les premiers 69 000 € de revenu des impôts fédéraux pour les foyers déclarant conjointement, ce qui mettrait immédiatement plus d’argent dans les poches des ménages.
En 2023, plus de 76 millions de ménages composaient la moitié inférieure des contribuables, avec un taux moyen d’imposition de 3,7 %. Les effets de crédits d’impôt remboursables font que 40 % de ces ménages ne paient aucun impôt sur le revenu. Néanmoins, ces foyers peinent à absorber la hausse des coûts, comme la flambée des prix de l’essence attribuée aux tensions géopolitiques en Iran.



