Qui sont les victimes ?
L’an dernier, 411.700 personnes ont été victimes de ces infractions, marquant une hausse de 64 % depuis 2016. Cette progression continue, avec une moyenne annuelle de 7,3 % de nouvelles victimes, met en lumière un problème croissant qui touche de nombreux Français.
Les fraudes recensées incluent divers types d’escroqueries, telles que l’hameçonnage de cartes bancaires sur Internet ou le vol de données dans les distributeurs automatiques de billets. Ces crimes sont de plus en plus sophistiqués, rendant leur évaluation difficile pour les forces de l’ordre. En effet, seulement une personne sur dix porte plainte après avoir été victime de fraude, ce qui complique davantage les efforts de répression.
En 2023, le montant total des préjudices s’est élevé à 4,5 milliards d’euros, presque doublé par rapport aux 2,3 milliards d’euros enregistrés en 2016. Cette augmentation substantielle souligne l’ampleur des dégâts économiques causés par ces infractions.
Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de profil type de victime. Les escroqueries touchent toutes les catégories de population, des jeunes actifs aux personnes âgées. Selon l’étude, les 25-34 ans sont les plus affectés, représentant 17 % des victimes malgré leur faible proportion de 11 % dans la population générale. Les 35-44 ans et les 45-54 ans suivent de près, avec 16 % des victimes dans chaque groupe.
Une baisse des fraudeurs grâce à la diminution des chèques
Cette distribution montre que les jeunes adultes, souvent plus connectés et utilisateurs réguliers des services en ligne, sont particulièrement vulnérables aux fraudes. L’usage fréquent de cartes bancaires pour les achats en ligne et l’enregistrement de leurs coordonnées bancaires sur divers sites augmentent leur exposition aux risques.
Pour lutter contre ces fraudes, le ministère de l’Économie recommande plusieurs mesures de précaution. Parmi elles, la vérification de la sécurité des sites marchands et l’évitement de l’enregistrement des coordonnées bancaires dans les navigateurs figurent en tête de liste. Ces pratiques simples peuvent significativement réduire les risques d’escroqueries en ligne.
Malgré l’augmentation des victimes, le nombre de personnes mises en cause pour fraude aux moyens de paiement a diminué, passant de 64.700 en 2016 à 51.100 en 2023. Cette baisse s’explique principalement par la réduction spectaculaire des falsifications de chèques. En effet, le nombre de fraudeurs impliqués dans ce type d’escroquerie est passé de 15.300 en 2016 à seulement 4 300 en 2023. La diminution progressive de l’utilisation des chèques comme moyen de paiement a entraîné une baisse correspondante des fraudes associées.
Cependant, d’autres types de fraudes continuent d’augmenter. Les abus de confiance ont enregistré une hausse de 13,6 % par rapport à l’année précédente, tandis que les faux et usages de faux documents ont augmenté de 10,9 % depuis 2022. Ces tendances montrent que les escrocs adaptent leurs méthodes en fonction des évolutions des moyens de paiement, passant des chèques à des pratiques plus modernes et variées.

